Une habitante de Ligne ne peut pas imaginer que sa mamie rejoigne l’ossuaire communal du cimetière.

Originaire de Ligne, Laetitia Merchiers se rend une fois par mois au cimetière d’Ormeignies, où repose sa grand-mère depuis 1987. Lorsqu’elle est allée fleurir la tombe de celle-ci à la Toussaint, elle a eu la désagréable surprise, comme plusieurs familles, de voir un panneau d’affichage devant la sépulture de sa mamie.

Cet écriteau l’informe que cet emplacement fait l’objet d’un avis de désaffectation et qu’elle a jusqu’au 30 avril 2020 pour récupérer les ornements funéraires extérieurs. Sans quoi, à l’expiration de ce délai, ces derniers deviendront la propriété du gestionnaire du cimetière, la Ville d’Ath.

Loin d’être la seule dans le cas au regard du nombre de tombes concernées par cette réhabilitation du sol sépulcral (environ 50 % du cimetière), elle s’est rendue à l’administration communale, où une employée de l’État civil lui a fait comprendre qu’elle n’avait pas trente-six solutions en vertu de la législation. Wallonne.

Une facture salée

Ou bien elle loue une nouvelle concession pour trente ans à un autre endroit disponible du cimetière, ce qui nécessitera l’exhumation à ses frais de sa grand-mère. Ou alors elle accepte, la mort dans l’âme, que les restes de sa chère défunte rejoignent l’ossuaire communal avec une plaque à son nom.

L’intéressée ne peut pas imaginer que l’on déterre sa grand-mère et que ce qu’il en reste finisse dans ce qu’elle appelle une fosse commune. Elle a adressé une lettre au bourgmestre pour lui faire part de son incompréhension.

" Je trouve déjà irrespectueux de ne pas avoir été prévenue par un courrier. Je suis invalide et je n’ai pas les moyens de financer un second enterrement. Ce décret de la Région wallonne est vraiment inhumain et absurde. Sous prétexte qu’il faut libérer des emplacements pour de futurs occupants d’un cimetière arrivant à saturation, on me propose de transférer la dépouille de ma grand-mère quelques mètres plus loin. Ce n’est donc pas une question de place ! " en conclut Laetitia Merchiers.

Elle a calculé ce que lui coûterait de faire appel aux pompes funèbres pour déplacer la dépouille. " En plus de la concession (678 €), il faut racheter un nouveau cercueil. Avec la main d’œuvre, j’en ai au minimum pour 2 500 € !"

Choquée et révoltée, notre interlocutrice est déterminée à remuer ciel et terre et à ne faire aucune concession, sans mauvais jeu de mots, afin de préserver la dernière demeure de sa mamie, aux côtés de laquelle elle souhaite reposer plus tard.