Pays Vert Des tee-shirts circulent en soutien à ce personnage que les Bruxelles Panthères veulent voir disparaître de la ducasse.

La présence du Sauvage au sein du cortège de la ducasse d’Ath alimente désormais les conversations bien au-delà des frontières de la cité des Géants. Comme évoqué dans une récente édition, le collectif anticolonialiste Bruxelles Panthères entend mettre fin au blackface de ce personnage dont il dénonce le caractère raciste. La polémique a pris une dimension internationale depuis que les responsables de ce mouvement de protestation basé dans la capitale ont adressé un courrier à la directrice générale de l’Unesco pour que la ducasse chère aux Athois n’en fasse plus partie.

Pour rappel, celle-ci figure depuis 2005 sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité. Dans un communiqué, les Bruxelles Panthères appellent à réagir à la négrophobie sévissant en Belgique en bannissant notamment l’usage du blackface qui, selon eux, véhicule des stéréotypes négatifs tout en étant un vestige de la mise en esclavage.

Une rencontre est prévue ce mercredi entre ceux qui veulent la peau du Sauvage et les autorités communales ainsi que les organisateurs de la ducasse programmée ce prochain week-end.

En attendant, en rue, dans les magasins comme sur les réseaux sociaux, les marques de soutien en faveur du Sauvage se multiplient même si le débat est ouvert et que certains, loin d’être majoritaires, estiment que la tradition doit évoluer au nom de la lutte contre le racisme et du respect des droits de l’homme.

Un commerçant a même eu l’idée de confectionner des tee-shirts sur lesquels est inscrit Je suis Sauvage, lesquels s’arrachent comme des petits pains et risquent bien de devenir collector. "À la base, le but de la démarche n’était pas de vendre et de faire de l’argent mais de répondre aux attaques contre notre folklore", explique ce commerçant qui, face à la demande, se voit néanmoins contraint d’en faire réimprimer.

Parmi ceux qui sont fiers de le porter figure l’éminent historien athois Christian Cannuyer.

"Les origines de cette figure sont marquées par le contexte qui l’a vue naître, à savoir le colonialisme du XIX e siècle. Mais par la suite, le folklore athois l’a complètement métamorphosée pour en faire un personnage ludique et mémoriel qui est un peu devenu le héros de la fête en mettant des baffes aux blancs ! Ce qui est inacceptable, c’est qu’un petit groupe extérieur ne connaissant rien de nos traditions et qui voit le Sauvage au travers du prisme réducteur de quelques clichés veuille imposer une suppression que personne ici ne souhaite", commente Christian Cannuyer.