Depuis de nombreuses années, les reptiles et les amphibiens sans domicile trouvent asile dans le Mersus Emergo, une gigantesque réplique d'un baleinier qui abrite le refuge de la fondation Pairi Daiza (appelé anciennement « Carapace »). En 2020, on a constaté une légère diminution par rapport à l’année précédente du nombre d'animaux "abandonnés" qui ont dû être sauvés par les experts en reptiles du domaine animalier de Cambron-Casteau. Mais c'est toujours désolant : rien que durant le mois de juillet dernier, pas moins de 128 NAC ont été recueillis et soignés à bord de l'imposant bateau amarré sur l'étang du parc.

Tous ces reptiles ont ainsi évité la mort, mais aussi la possibilité d’être relâchés dans la nature et de nuire aux espèces indigènes. Parmi les spécimens saisis figurent des tortues, des serpents, des lézards où encore des caïmans à lunettes.

Au total, 53% des reptiles recueillis, c’est-à-dire 251 individus, sont des tortues à tympans jaunes/rouges (Trachemys scripta scripta/elegans) communément (mais pas toujours à raison) appelées « Tortues de Floride ». Sans l’aide de la fondation Pairi Daiza, ces tortues auraient dû être euthanasiées. Ces petits animaux sont en vente libre dans les animaleries et sont le plus souvent abandonnés dans la nature par leurs propriétaires lorsqu'ils atteignent une certaine taille. Là, ils meurent tragiquement ou causent des dommages dévastateurs aux écosystèmes locaux tels que les étangs.

Cette espèce est pourtant reconnue comme Espèce Exotique Envahissante (ou Invasive) par les législations européenne, belge et wallonne. Le gouvernement wallon a d’ailleurs adopté en fin d’année le projet d’arrêté encadrant la commercialisation et la détention de reptiles. Celui-ci devrait permettre de limiter les espèces vendues et de rendre des normes de détention obligatoires dans certains cas. Le projet d’arrêté crée une liste dite « positive » qui renseigne tous les reptiles que l’on peut détenir sans autorisation. Les reptiles ne figurant pas sur cette liste sont interdits, sauf en cas d’agrément spécifique.

"La sensibilisation peut, elle aussi, contribuer à modifier les comportements. C’est ce à quoi nous travaillons en montrant aux visiteurs du parc plusieurs de ces reptiles recueillis. Dans le Mersus Emergo, le public peut prendre connaissance des histoires qui se cachent derrière certains de ces animaux et ainsi réfléchir à cette question", expliquent les responsables de la fondation Pairi Daiza.

Parmi les autres animaux sauvés en 2020, il y avait aussi d’autres espèces de tortues, de nombreux serpents, iguanes, lézards et même trois caïmans à lunettes (Caiman crocodilus). Ce crocodilien peut atteindre une longueur de trois mètres. Ce n'est vraiment pas un animal fait pour vivre chez des particuliers. Durant les 12 mois écoulés, le refuge de la fondation Pairi Daiza a travaillé en étroite collaboration avec les services de police et de douane qui confisquent régulièrement des reptiles dans le cadre d'actions en justice avant que la fondation Pairi Daiza puisse leur prodiguer les meilleurs soins tout en leur offrant une fin de vie heureuse grâce à l’équipe d'experts en reptiles de la Fondation Pairi Daiza.