Le système de consigne sur les canettes séduit de plus en plus de communes de Wallonie Picarde. A la demande de Freddy Limbourg (SENS), le conseil communal de Silly vient à son tour de marquer son accord, via l'adoption d'une motion, sur la nécessité de rejoindre l'Alliance de la Consigne. Pour rappel, celle-ci réunit des organisations environnementales, des entreprises ainsi que des villes et communes appelant les gouvernements à opter pour une solution structurelle telle que celle-là.

Lors du grand nettoyage de printemps organisé en 2019 sur le terrtoire wallon, les 160.000 participants avaient collecté 500 tonnes de déchets ménagers dont 137 tonnes de canettes, de bouteilles en plastique, de berlingots à boisson ou encore de boîtes de conserves métalliques. Ces chiffres sont révélateurs de l'ampleur du fléau que les pouvoirs publics entendent désormais combattre avec des moyens plus efficaces et dissuasifs telle que la consigne qui existe déjà dans plusieurs pays. C'est notamment le cas en Allemagne et au Danemark où l'expérience s'avère plus que concluante. Et d'autres pays devraient emboîter le pas. En 2022, une réforme entrera ainsi en vigeur au Québec pour étendre la consigne à tous les contenants de boissons prêts à boire. Là-bas, chaque bouteille sera consignée à 0,10€. Citons encore l'exemùple des Pays-Bas où dès ce 1er juillet, la consigne sera étendue à toutes les bouteilles en plastique, avant de s'appliquer à partir du 1er janvier 2023 sur les canettes. 

"En plus d'améliorer la propreté publique, la consigne permet d'appliquer le principe du pollueur payeur tout en réduisant les émissions de CO2 et en favorisant l'économie circulaire ainsi que la création d'emplois au travers du recyclage", indique Freddy Limbourg. Ce dernier insiste également sur les dangers que représentent les canettes jetés dans les fossés. Suite au passage des faucheuses, celles-ci sont, en effet, laminées en petits morceaux de métal qui aboutissent dans les prairies. Chaque année, plusieurs dizaines de bovins meurent dans d'atroces souffrances après avoir ingurgité ces débris qui provoquent des hémorragies au niveau du système digestif. 

Le conseiller Laurent Courtois a formulé plusieurs propositions pour compléter cette motion car il s'agit à ses yeux d'une problématique très complexe qui ne se limite pas aux seules canettes. "Il y a beaucoup d'autres types de déchets dont il faut s'occuper. Il faut continuer à favoriser les circuits courts et les contenants réutilisables. Le risque de la consigne est d'affaiblir l'utilisation des bouteilles en verre. A Silly, il serait opportun que l'écoconseiller puisse travailler avec les écoles pour sensibiliser les enfants à cette thématique environnementale." 

Le bourgmestre ainsi que l'échevin des Travaux ont rappelé que la commune avait multiplié les initiatives ces dernières années pour lutter contre les déchets sauvages dont les canettes représentent un volume non négligeable. Quant à Antoine Rasneur, il considère qu'il est urgent de recourir à la consigne. 

"Depuis des années, Fost + et la Copidec chapeautant les intercommunales de propreté publique répètent à l'unisson qu'il faut avancer sur le sujet tout en invoquant des tas de contraintes pour que les choses ne bougent pas. A un moment donné, il faut oser dire la vérité dans toutes les langues. Fost + est un organisme subventionné par la Région Wallonne pour récolter des canettes et bouteilles en plastique et dont les administrateurs sont les grands producteurs de soda de même que les fédérations de l'industrie alimentaire et chimique en Belgique et en Europe. Fost + a une vertu, celle de récolter ce qui est bon, pas ce qui se retrouve le long des routes. En recyclant sa matière première pour ensuite la remettre sur le marché, ca ne lui coûte rien. Il est temps d'arrêter de subsidier des multinationales qui agissent de la sorte et la consigne est la seule solution pour y parvenir", considère Antoine Rasneur.