À l’instar de leurs homologues tournaisiens, mouscronnois, lessinois ou encore enghiennois, les commerçants athois espèrent profiter de la traditionnelle période des soldes estivales pour se refaire une petite santé financière en liquidant leurs stocks et collections invendus. Durant tout ce mois d’août, il est possible de réaliser d’excellentes affaires dans les magasins de la capitale du Pays Vert.

Vital

La clientèle sera-t-elle pour autant au rendez-vous comme ce fut le cas l’été dernier pour les nombreux exploitants installés dans la cité des Géants ? Rien n’est moins sûr, vu le contexte très particulier qui accompagne ce rendez-vous commercial incontournable.

Alors que la chasse aux rabais vient seulement de démarrer, les vitrines affichent déjà d’alléchantes réductions allant de 30 % à 50 %.

" Pour 99 % des commerçants, solder est devenu plus que jamais une question de survie", fait comprendre Véronique, gérante d’une très belle boutique de vêtements.

La crise sanitaire et ses conséquences désastreuses sur le plan économique n’ont fait que la conforter dans l’idée que les magasins ayant pignon sur rue comme le sien sont condamnés à disparaître au profit des sites de vente en ligne dont les chiffres d’affaires ont explosé durant la période de confinement. Comme quoi le fameux dicton Le bonheur des uns fait le malheur des autres n’a jamais été autant d’actualité en 2020.

À la tête depuis 21 ans d’une boutique de prêt-à-porter haut de gamme pour les hommes, Salvatore est désormais logé lui aussi à la même enseigne.

"Je n’ai jamais connu une situation pareille. Même si c’est mieux que rien, ce ne sont pas les soldes qui me permettront de compenser l’énorme manque à gagner subi durant le confinement. D’autant que la fermeture imposée par le CNS correspondait à deux mois très importants avec les communions et les mariages."

Ravi d’avoir reçu de la Région wallonne la prime de 5 000 €, notre interlocuteur craint néanmoins, et il n’est pas le seul, que l’État lui réclame cette somme dans quelques mois sous une forme ou sous une autre.

"En plus d’une trésorerie saine, heureusement que mes clients sont fidèles. Contrairement à d’autres, je ne suis pas le plus à plaindre, car mon magasin m’appartient et je n’ai ni loyer à payer ni personnel à rémunérer", conclut Salvatore.

Bruno Deheneffe