Le 9 octobre dernier, la chambre du conseil du palais de justice de Tournai s’était penchée après quatre ans d'instruction sur le volumineux dossier de maltraitance d’animaux à charge de Pascal Delcourt, du nom de cet éleveur multirécidiviste d’Ogy (Lessines) chez qui une soixantaine de chevaux en piteux état avaient été saisi en 2016. L’enquête révèlera que ce dernier abattait des équidés chez lui en toute illégalité et en dehors de tout contrôle sanitaire.

Le président de la chambre du conseil vient de rendre son ordonnance dans le cadre de cette importante affaire de cruauté animale. Comme il fallait s’y attendre, Pascal Delcourt est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Tournai à la barre duquel il devra se défendre de 24 chefs d’inculpation. Ce renvoi devant la juridiction correctionnelle était attendu de longue date par les différents refuges (Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, EquiChance, Animal sans Toit et Help Animals) qui se sont constitués partie civlle après avoir recueilli en 2016 les pauvres équidés que détenait Pascal Delcourt dans sa ferme d'Ogy.

Pour Jean-Marc Montegnies, président d’Animaux en Péril, « il n’y a plus qu’à espérer que la justice soit beaucoup plus sévère que lors des précédents procès et qu’elle condamnera enfin Pascal Delcourt à la hauteur de la gravité des faits ». D'autant que depuis lors, plusieurs dizaines d’autres animaux ont été saisis chez le même individu par le bourgmestre de Lessines, dont 14 chevaux en juillet 2019.

La juge d’instruction qui s’était occupée de l’affaire avait aussi inculpé un inspecteur vétérinaire de l’UBEA (Unité bien-être animal de Wallonie) qu’elle soupçonnait de corruption. Devant la chambre du conseil, le fonctionnaire a toutefois bénéficié d’un non-lieu, faute d’éléments suffisants, et n’est donc pas renvoyé aux côtés de Pascal Delcourt devant la justice. Une décision que regrettent les associations parties prenantes au procès dont la date d"ouverture n'est pas encore fixée.

« Pourquoi Pascal Delcourt a-t-il pu opérer de la sorte aussi longtemps alors qu’il était contrôlé par l’UBEA ? Cette question que beaucoup se posent encore aujourd’hui, dont le bourgmestre de Lessines, n’obtiendra malheureusement pas de réponse", déplorent le président d'Animaux en Péril (Meslin-l'Evêque), de même que ses collègues des autres refuges animaliers.