Depuis 2018, des habitants de la chaussée de Tournai subissent des dégâts des eaux.

Depuis deux ans maintenant, un jeune couple de Villers-Saint-Amand (Ath) vivant dans des conditions insalubres est en litige avec le SPW. Les ennuis ont commencé en février 2017 pour Michel Delacour, sa compagne et leurs deux enfants en bas âge qui occupent une maison totalement isolée le long de la chaussée de Tournai (N7).

"À cause d’un manque d’entretien, un égout complètement bouché de la voirie régionale a provoqué un affaissement de terrain au niveau du parking de notre habitation. Fin 2017, des gens du SPW sont descendus sur place pour identifier la cause du problème, de même que la police, la protection civile et les pompiers. Vu l’ampleur des dégâts, il a fallu fermer une bande de circulation pendant six mois pour poser un nouveau collecteur. Le SPW a suggéré de démolir la maison et d’en construire une nouvelle à l’arrière. Le montant de l’indemnisation était de l’ordre de 350 000 €", confie Michel Delacour.

Plus de deux ans se sont écoulés et les propriétaires attendent toujours d’être expropriés comme cela leur a été promis. "Le SPW nous a fait savoir que par manque de moyens budgétaires, l’expropriation n’était plus possible alors que tous les plans étaient déjà réalisés."

Notre interlocuteur précise que le SPW a effectué des travaux provisoires en créant notamment un bassin d’orage en amont de son domicile.

"Hélas, l’égout se trouvant à proximité de celui-ci n’a pas été raccordé à la conduite principale mais bouché en même temps que l’ancienne canalisation. La conséquence est que l’eau venant des champs s’infiltre dans la cave tout en inondant les fondations de la maison. Une fuite a été détectée en novembre dernier par le service travaux de la ville d’Ath".

Nous avons contacté la partie adverse . "En 2018, l’assureur a signalé au SPW que son client avait subi des dégâts. À l’époque, nous avons demandé d’obtenir des photos, un devis ou une facture de réparation mais à ce jour, nous n’avons toujours rien reçu. Or, sans le rapport d’un expert chiffrant les dommages et sans l’accord des compagnies d’assurance, il nous est impossible d’entreprendre les réparations nécessaires", indique Christophe Blerot, porte-parole du SPW mobilité/infrastructures.

Ce dernier laisse entendre que la procédure d’expropriation n’a jamais démarré officiellement, contrairement à ce qu’affirme le propriétaire de la maison. "Elle a été abandonnée car l’évaluation par le comité d’acquisition du bien était trop élevée. Cela n’a pas empêché le SPW d’effectuer des travaux pour éviter que la situation n’empire en ce qui concerne l’écoulement des eaux."

Toujours selon Christophe Blerot, le SPW a mandaté son avocat pour rencontrer celui du plaignant. "Je ne vais pas prendre le risque de faire intervenir ma compagnie d’assurance pour un bien en cours d’expropriation", réplique Michel Delacour qui, à défaut d’une solution rapide, envisage d’intenter une action en justice contre le SPW.