Originaire d’Enghien, Laura Lequeu, 21 ans, en souffre depuis son adolescence.

" À l’époque où mes premières règles sont apparues, j’ai commencé à faire des malaises, notamment à l’école. Je m’évanouissais régulièrement tellement les douleurs dans le bas-ventre étaient fortes. Un jour, je suis tombée dans les pommes lors d’un exposé en classe ", se souvient-elle.

Pas vraiment prise au sérieux par ses professeurs pour qui elle en rajoutait, Laura est allée consulter avec sa maman un gynécologue qui lui a prescrit la pilule pour calmer ses douleurs lancinantes.

Après une accalmie, celles-ci ont, hélas, repris de plus belle. " Au plus je grandissais, au plus cela empirait. Du jour au lendemain, je n’ai plus été en mesure d’entretenir des rapports sexuels avec mon copain. Je le dis ouvertement et sans tabou ."

Notre interlocutrice a reconsulté plusieurs gynécologues sans obtenir une réponse claire quant à l’origine de ses maux. L’un en a conclu que cela était psychologique et que son corps rejetait son partenaire car elle ne l’aimait pas. Un autre lui a fait croire qu’elle faisait une fausse couche nécessitant un avortement.

Ce n’est qu’en novembre 2018, après une IRM n’ayant rien révélé, que le diagnostic est tombé à l’issue d’une opération chirurgicale. Depuis lors, Laura en a subi d’autres car cette pathologie est chronique et récidivante.

" L’endométriose ne s’attaque pas uniquement aux organes génitaux (kystes ovariens) mais enflamme et lèse aussi les intestins, les poumons ou encore les nerfs comme c’est désormais mon cas. "

Se sentant investie d’une mission d’information et de sensibilisation auprès des jeunes et du grand public, Laura Lequeu a attendu la fin de ses études pour fonder l’ASBL Toi mon endo.

Diplômée en sciences politiques, l’intéressée voudrait que soit mise sur pied en 5e secondaire, dès 2021, une session éducative et ludique en présence des acteurs de la santé concernés par cette maladie qui engendre 40 % d’infertilité car diagnostiquée beaucoup trop tard (en moyenne 7 ans).

" Je compte également programmer des ateliers mensuels afin de favoriser l’accès à des thérapies ", ajoute Laura, très active sur les réseaux sociaux et Youtube pour que l’endométriose soit enfin reconnue et que les traitements soient remboursés par la mutuelle.