Pays Vert Derrière la problématique du bien-être animal se cachent selon lui des questions de santé publique.

Après avoir ordonné le 24 juillet dernier, à Ogy, la saisie de 14 chevaux dans une prairie de Pascal D, le bourgmestre de Lessines s’étonnait de ne pas recevoir les conclusions du rapport de l’Unité wallonne du bien-être animal (UBEA) présente lors de cette opération.

Pascal De Handschutter avait déploré devant la presse l’incompréhensible silence de l’UBEA tout en réclamant carrément sa dissolution et l’octroi des pleins pouvoirs aux bourgmestres pour les affaires de maltraitance animale. Après de nombreuses piqûres de rappel, ce fameux rapport tant attendu de l’UBEA lui est finalement parvenu.

Dans le cadre de cette affaire, Pascal De Handschutter a tenu, hier, à apporter de nouveaux éléments qui continuent à le préoccuper en matière de bien-être animal mais désormais encore plus en matière de santé publique.

En effet, l’UBEA a joint à son rapport un document expliquant la problématique entourant le contrôle des activités de marchand engraisseur de chevaux :

" Celles-ci impliquent un va-et-vient important d’animaux souvent pris en charge par les marchands engraisseurs (ME) dans un état déplorable. Ces derniers achètent à bas prix des chevaux de réforme souvent maigres ou blessés. En moyenne, ceux-ci restent deux à trois mois chez les ME. Dès qu’un groupe devient plus présentable, il est vendu à un abattoir et remplacé par un nouveau lot en moins bonne état ", indique-t-on du côté de l’UBEA.

Et l’UBEA d’ajouter qu’à l’inverse des élevages de chiens et de chats, des zoos, refuges, pensions et établissements commerciaux, il n’existe aucun encadrement légal de l’activité de ME. À savoir pas de normes précises permettant la traçabilité et le suivi de chaque animal destiné à l’abattoir.

" Le milieu dans lequel évolue ce secteur d’activités peut être qualifié d’opaque avec l’intervention de professionnels mais aussi de particuliers pour lesquels il n’y a pas d’obligation d’établir des factures lors des transactions " , poursuit l’UBEA.

" La lecture de ces informations m’a rappelé le scandale des lasagnes de cheval en France qui étaient censées contenir du bœuf. Ce qui me choque, c’est que l’on a peut-être de la m… dans nos assiettes et que personne ne s’en soucie. Il n’est pas normal que la filière alimentaire aboutissant dans les abattoirs ne soit pas contrôlée par des gens dont c’est le boulot ", estime le bourgmestre de la cité de Magritte.

Notre interlocuteur entend tirer la sonnette d’alarme et a d’ores et déjà fait par de cette situation auprès de plusieurs ministres fédéraux dont Maggie De Block, en charge de la Santé publique.