Détenu à la prison de Tournai, l'homme originaire de Pecq a refusé de se déplacer au sein du tribunal correctionnel ce mardi après-midi. Pierre Dochy, devait normalement s'y expliquer pour des faits de harcèlement. "Mon client a indiqué qu'il s'était déjà exprimé sur le sujet et quoi qu'il dise, ses dires sont mal interprétés", a déclaré l'avocat de la défense. Pour rappel, le Pecquois est incarcéré depuis mars 2020 pour des faits de moeurs. Une prévention de viol, par pénétration digitale, sur une jeune fille à peine âgée de 10 ans, lui avait été reprochée. Pierre Dochy avait également reconnu avoir photographié deux fillettes dans des positions sexuelles et dessiné sur les parties intimes de l'une d'elles, des rails de train ou encore des papillons.

Pour ces faits ignobles, Pierre Dochy avait écopé de 8 ans de prison. Aujourd'hui, la famille de l'une des victimes doit toujours vivre un vrai calvaire. "Plusieurs éléments encourageront les parents de la victime à mettre un stop juste avant son arrestation. Cependant, il a été incapable de le comprendre", s'est exclamée Me Nathalie Buisseret. "Mes clients vivaient dans un stress permanent avec les volets descendus". Alors que Pierre Dochy continuait à envoyer des courriers pour entretenir un lien avec ses victimes, les parents n'osaient même plus relever leur courrier dans la boîte aux lettres. 
 
La juge en charge du dossier a demandé aux parents pourquoi ils n'avaient pas déposé plainte dès la réception des courriers, sms ou encore mails. "Nous lui avons demandé à trois reprises de cesser son comportement. Le 19 mars 2020, nous l'avons menacé de porter plainte s'il n'arrêtait pas. Le même jour, nous avons appris que nos filles avaient été abusées", a indiqué la mère de la victime. "La priorité était ce qui était arrivé à nos filles". 
 
Garder une emprise sur sa victime
 
Malgré son incarcération, le Pecquois bien connu dans la région, n'a pas marqué son désintérêt pour les victimes. "Lorsque mes clients ont reçu un courrier de Pierre Dochy, mentionnant sa volonté de payer un abonnement au magazine Spirou à leur fille pour son plaisir, les parents se sont dits que le prévenu n'allait jamais sortir de leur vie. Il veut véritablement garder une emprise sur sa victime. Nous ne pouvons pas le laisser aller au-delà", a poursuivi l'avocate de la partie civile. 
 
Même si à l'heure d'aujourd'hui, Pierre Dochy n'adresse plus aucun courrier. La partie civile veut bien s'assurer que l'homme a compris le message. L'avocat de la défense, est quant à lui, revenu sur les 5 000 euros provisionnels payés par son client alors qu'il n'était pas encore condamné pour les faits. Le jugement sera prononcé le 29 mars.