Comme chaque mardi, le Centre Hospitalier de Wallonie picarde a fait le point sur la situation Covid au sein de ses hôpitaux. Près de 150 patients y sont ainsi hospitalisés suite à une infection Covid-19 et trente d'entre eux sont actuellement aux soins intensifs. "C'est un nombre important, souligne le Directeur général du CHwapi, Didier Delval. À titre de comparaison, lors de la première vague, le pic que nous avons connu s'est situé à 31 patients au niveau des soins intensifs."

La charge de travail est quant à elle plus importante que celle connue ces derniers mois. Les techniques de prise en charge ont en effet évolué avec le temps. Cela demande encore plus de travail au niveau des patients. "Il faut être à leur chevet, cela nous demande de faire appel à l'ensemble des ressources, tant infirmières que médicales principalement. Lors de la première vague, nous étions surtout à la recherche de matériels alors qu'aujourd'hui nous sollicitons nos ressources humaines de manière très importante. Je ne sais pas comment on pourra d'ailleurs les remercier au-delà tant leur investissement journalier est le plus total."

Le CHwapi a encore un peu de capacité devant lui. Ce week-end, une septième unité Covid a été ouverte et l'hôpital est prêt à ouvrir une cinquième unité de réanimation. Il faut dire que l'afflux de patients ne ralentit malheureusement toujours pas.

"On est effectivement toujours, à peu près, à quinze hospitalisations par jour, déplore la Dr Mélanie Delvallee. On a eu des pics plus importants, avec notamment des week-ends difficiles où nous avons parfois eu cinquante entrées aux urgences Covid amenant vingt-cinq hospitalisations. Le rythme est désormais assez régulier mais il est énorme. Les gens qui sont hospitalisés ne restent pas un jour mais généralement une semaine."

Au niveau médical, la priorité est de placer le bon médecin au bon endroit comme le détaille le Dr Stéphane Gillerot, président du conseil médical. "Il serait par exemple dangereux de demander à un médecin qui n'est plus habitué à faire de la médecine interne à superviser une unité Covid où, je le rappelle, il y a des gens dont l'état peut très vite se dégrader et qui auront besoin de soins de réanimation. On a beau avoir des machines, il faut des médecins et des infirmières compétents. Il y a une forte implication des services de médecine interne et services associés."

Des étudiants en médecine viennent également prêter main-forte aux équipes du CHwapi. "Nous avons effectivement des étudiants de 3e et de 4e années qui sont sur le front. Ils se sont présentés comme volontaires pour travailler pendant les vacances."

Les équipes donnent comme toujours leur maximum, voire encore plus. "Il y a de la sueur, il y a des larmes car, évidemment, la charge de travail est énorme, ajoute encore la Dr Delvallee. Mais la pire crainte du personnel, ce n'est pas la charge de travail mais de ne pas être à la hauteur et de ne pas savoir respecter les critères de soin qu'on veut mettre en place. On ne sait pas quand le nombre de patients va diminuer, on ne sait pas quelle sera la limite, il y a encore beaucoup d'inconnues."

D'autant plus que, contrairement à la première vague, les consultations ne sont pas supprimées tout comme le bloc opératoire. "Il n'y a pas que le Covid, nous devons continuer à soigner la population qui a d'autres pathologies", confirme le Dr Gillerot.

Il est maintenant à espérer que les dernières mesures prises puissent soulager le personnel hospitalier dans les semaines à venir. "Il faut toujours attendre une quinzaine de jours pour voir les éventuels effets des mesures prises. Cependant, le confinement est ici plus light que ce que l'on a connu précédemment. Quand on prend la route pour venir à l'hôpital, on croise encore beaucoup de monde... On a vraiment besoin que la courbe relative à l'hospitalisation des patients s'aplatisse. Cela passe par des mesures fortes sans quoi le risque est de voir une saturation, pas de notre hôpital mais bien de tous les hôpitaux...", conclut la Dr Delvallee.