Tournai-Ath-Mouscron La Ville a tenu à mettre les choses au point quant à un fait de racisme.

Quelqu’un m’a dit que… Voilà comment on pourrait aisément résumer l’affaire qui a largement été commentée sur les réseaux sociaux et qui s’est produite au sein de l’administration communale de Tournai.

Peu avant les congés de Pâques, un ouvrier a en effet rapporté aux responsables de la commune avoir été victime de propos racistes. "Ce travailleur, que je connais très bien, m’a assuré avoir notamment entendu son chef dire le nègre, je vais le mettre à genoux’ . Il m’a expliqué qu’il se trouvait derrière une porte lorsque ces propos ont été tenus", rappelle le bourgmestre Paul-Olivier Delannois.

Entendu, le chef a nié les faits. "Il a d’ailleurs toujours nié. Nous avons réuni l’ouvrier avec son syndicat et le responsable et tous ont maintenu leur position. Nous étions face à la parole de l’un contre la parole de l’autre."

Le dossier a pu évoluer lorsque Paul-Valéry Senelle, le directeur général, a pu entendre quatre personnes. "Une seule a confirmé le fait que le terme nègre avait été employé mais se montrait satisfait de voir son chef empêtré dans cette affaire , affirme le DG. Par contre, les quatre ont assuré qu’il était impossible que l’ouvrier ait pu être présent au moment où les propos auraient été tenus."

Le bourgmestre a alors demandé à l’ouvrier s’il était bien présent ou non. Son discours aura été sensiblement différent. "Il m’a expliqué que quelqu’un lui avait rapporté ces propos. Il nous a donné le nom de cette personne et cette dernière a également dit qu’on le lui avait dit…"

Le chef a quant à lui été dernièrement entendu dans le cadre d’une procédure disciplinaire. "Le collège a décidé de ne pas lui donner de sanction, continue le bourgmestre. D’abord, les faits ne sont pas véritablement avérés, ensuite, il a déjà dû essuyer pas mal de saloperies via les réseaux sociaux… Il a été touché tout comme sa famille. Quant à l’ouvrier visé, je l’ai aussi soutenu durant cette période. En tout cas, la relation entre les deux est bonne."

Cette histoire pourrait s’expliquer par deux situations. Tout d’abord dans un contexte de réorganisation du service des travaux, ensuite par la personnalité du chef en question. "C’est un chef à l’ancienne. Je lui dis parfois qu’il devrait mettre des gants, y mettre un peu plus la manière. Mais il doit parfois se montrer strict, c’est aussi ce qu’on lui demande. Cela peut parfois mal passer auprès de certains."

Vu la complexité de l’affaire, on comprend mieux pourquoi le temps a été pris pour la régler. "Il y a quelques mois, le PTB ne comprenait pas pourquoi je n’avais pas encore sanctionné le chef. Je ne condamne pas quelqu’un avant d’avoir entendu tout le monde. On devait aller jusqu’au bout avant de décider. Je répète que le PTB veut une justice rapide comme dans certains pays communistes, je ne suis pas communiste. L’incident est clos."

Cette histoire ne restera en tout cas pas sans conséquence. 

Dès lors, dans le cadre du plan de formation proposé chaque année, la Ville incorporera une sensibilisation aux discriminations en général dans celui de 2020.

"Nous sommes dans une époque où nous devons nous montrer plus attentifs aux propos que nous tenons, parfois même de manière involontaire" , soulignait très justement Paul-Valéry Senelle, le directeur général de la commune.

"Vu cette affaire, même s’il n’y a absolument rien d’avéré, nous ne pouvions pas rester inactifs. On va inclure cette formation pour tous les services de la commune, en commençant par celui des ouvriers. En ce qui concerne le choix du partenaire avec qui nous allons travailler, il n’a pas encore été arrêté. Nous allons prendre le temps de regarder cela."