Tournai-Ath-Mouscron Redevenu bourgmestre de Leuze, ce féru de balle pelote pensait en avoir fini avec la politique.

Lucien Rawart pensait pouvoir dégager plus de temps pour élaguer ses arbres et tailler ses haies. Mais, au final, ce féru de balle pelote repart pour une lutte, en quelque sorte, suite au verdict des urnes. Entretien.

Lucien Rawart, au soir du 14 octobre, quelle est votre réaction ? La surprise ?

"Pas si surpris que ça, même si j’éprouvais une appréhension. Nous avions dû faire face au décès de Jean-Pol Renard ainsi qu’aux dissensions au sein de la famille libérale. Hervé Cornillie avait tout de même réalisé le plus gros score de la liste en 2012. Et puis, notre clientèle fidèle ne rajeunissait pas. Mais, d’un autre côté, au MR, on se base sur le travail de nos prédécesseurs, qui ont fait beaucoup. Les gens n’ont pas oublié ça."

Vous pensiez redevenir le premier parti à Leuze ?

"Christian Brotcorne avait annoncé qu’il visait une majorité absolue. Moi, ma crainte, c’était que nous tombions à 7 sièges. Or, nous avons terminé à 8 et demi, si j’ose dire. Une énorme satisfaction."

Vous songiez vraiment à ne pas participer aux communales ?

"Oui, je pensais ne plus me représenter, laisser la place. J’ai été élu conseiller en 88, avant de devenir échevin durant douze ans, puis bourgmestre six ans et enfin président de CPAS six ans. Je finissais mon parcours en beauté."

Pourquoi avoir changé d’avis ?

"Des gens venaient me voir. Et puis, Rudy Remy a convoqué une réunion du MR en disant que nous filions droit dans le mur si nous ne partions pas groupés."

Et là, vous avez dit OK, j’y vais, mais sans Hervé Cornillie.

"Oui, c’est ça. Je me suis senti obligé d’y aller. J’ai aussi rappelé Willy Hourez et j’ai tenté de redonner confiance aux troupes."

Revenons au 14 octobre. Une fois les résultats connus, vous vous dites tout de suite que vous redevenez bourgmestre ?

"Nous avions un accord avec Idées. C’était signé. Christian Brotcorne a eu un doute car une partie de son équipe envisageait de changer d’alliance. Mais Idées a constaté que les exigences de certains étaient élevées et que se posait aussi le problème de la représentativité féminine puisqu’il faut deux femmes au collège."

Au conseil, vos rapports avec Ecolo risquent d’être chauds, non ?

"Ecolo arrive pour la première fois au conseil et ses représentants vont vouloir se montrer, c’est normal. On verra si Ecolo est excessif ou pas. Je ne vais pas les empêcher de parler. Nous tiendrons compte, dans la mesure du possible, de leurs interventions. Mais c’est nous qui avons la main. Avec Idées, nous avons pas mal de choses en commun et nous aurons l’occasion de dévoiler nos plans dans la déclaration de politique communale."

Lors de la cérémonie des vœux, vous avez dit ceci : "Je souhaite en 2019 une administration communale des plus efficaces au sein de laquelle les tire-au-flanc, les profiteurs, les harceleurs et tous ceux qui pourrissent la vie de leurs collègues, par leurs absences ou leur incapacité, seraient écartés." Une remarque qui a fait bondir les syndicats, en l’occurrence la CSC.

"Je ne comprends pas. Personne n’avait été choqué, me semble-t-il, ce jour-là. C’est une phrase tirée de son contexte et mes détracteurs sont à côté de la plaque. Je dirige les Travaux à la Ville depuis 1994. Je connais bien les gars et je n’ai traité personne de fainéant. ‘Harceleur’, ça, j’ai bien une idée en lançant ce terme. Mais je ne voulais pas blesser les gens. Je voulais juste insister sur le bonheur de pouvoir travailler près de chez soi, d’être payé en temps et en heure. Rien de plus."

En 2024, que ferez-vous ?

" Tintin , c’est ‘le journal des jeunes de 7 à 77 ans’. J’aurai alors 77 ans et il sera temps de m’arrêter. J’espère que j’aurai toujours la santé. J’étais en moins bon état pendant une période, mais ici je me sens reparti. Je ne me ménage pas. Mais je ne suis pas là pour battre des records. Il y a des jeunes dans l’équipe qui vont prendre leurs marques. Et puis, Hervé Cornillie va revenir. À la demande de Jean-Luc Crucke, il va figurer sur la liste aux régionales. Hervé vient d’acheter dans l’entité. Il reviendra, comme nouveau leader."

Vous ne vouliez plus travailler avec lui mais vous lui trouvez des qualités, c’est ça ?

"Oui, il est intelligent. Je l’ai toujours dit. Simplement, Hervé ne tient pas assez compte de l’avis des gens et fait parfois preuve d’une certaine arrogance. Or, il n’a pas tout pouvoir tout seul. S’il parvient à gommer cet aspect, il a les qualités."