En plein mois de juin, les examens s'enchaînent pour de nombreux étudiants dont l'épreuve du CEB (certificat d’études de base) en 6e primaire. Récemment, deux députées MR Diana Nikolic et Stéphanie Cortisse ont estimé que le CEB facile à décrocher. Les libéraux suggéraient dès lors de relever le seuil de réussite actuellement fixé à 50% pour le porter vers 60 ou 70%. Suite à ces déclarations, les partenaires de majorité du MR en Fédération Wallonie-Bruxelles ne se sont guère montrés enthousiastes ...

"L’idée de relever la note à obtenir pour réussir le CEB est fondée sur une analyse erronée de la qualité de l’épreuve", déclare le cabinet de la ministre de l’Éducation. "A cet égard, il faut rappeler que, comme les épreuves du CE1D et du CESS, l’épreuve du CEB est construite par un groupe de travail sous la coordination de la Commission des évaluations, laquelle est composée notamment d’inspecteurs pédagogiques, de représentants des PO et d’experts académiques (ou scientifiques). Le CEB est conçu avec rigueur. Il n’est donc pas "facile" à réussir et porte de façon précise sur les compétences et connaissances que doit maîtriser l’élève en fin de primaire, à l’instar du CE1D et du CESS dans le secondaire".

Du côté de la Wapi, le secteur de l'enseignement reste pantois. "Je trouve l'épreuve assez difficile", confie une enseignante. "Les questions sont pointues et la cotation sévère. C’est souvent tout ou rien. Comme les élèves lisent de moins en moins, ils ne comprennent pas les consignes ou les lisent mal. Prendre une telle décision serait une erreur".

La pénurie des enseignants, un véritable problème

Ce n'est pas un problème nouveau mais pourtant, la pénurie d'enseignants engendre de lourdes conséquences au sein des établissements scolaires. Ces derniers jours, les témoignages d'élèves se multiplient, expliquant qu'ils n'ont pas eu l'occasion de voir toute la matière prévue au programme. Des écoles se retrouvent également contraintes d'annuler des examens faute de personnel. Une situation que Caroline Désir a souhaité éclairer en précisant que cela restait minoritaire et que la pénurie de profs concernait davantage ceux de langues ou de géographie. "Malheureusement, de telles circonstances arrivent souvent en fin d'année et il est aujourd'hui difficile de trouver des personnes motivées à travailler dans le secteur de l'enseignement", précise la directrice de l'école Saint Vincent de Paul à Mouscron. "Il n'y a pas que donner cours. De nombreuses choses sont à effectuer à côté et en dehors des heures. De plus, on nous en demande toujours davantage et les parents deviennent de plus en plus exigeants. Certains jeunes professeurs se rendent très vite compte de la réalité de terrain et décident alors de changer de voie. Ce n'est pas du tout un métier évident même si beaucoup prônent l'avantage des vacances. Même les anciens enseignants constatent que ce n'est plus comme avant, le métier est moins attractif".