Tournai-Ath-Mouscron Réunis en l’église du village, de nombreux riverains ne sont pas en odeur de sainteté avec le projet actuel.

Il sera difficile, voirie impossible, de mettre tout le monde d’accord sur le choix du tracé de la future route d’accès au parc Pairi Daiza. On en a encore eu la preuve jeudi soir, à Gibecq, où les représentants du SPW sont venus présenter à la population le projet tel qu’arrêté par la task force.

C’est dans un lieu un peu particulier, en l’occurrence l’église du village, que s’est déroulée cette séance quelques jours après celle programmée à Brugelette, autre entité concernée. Pas loin de 300 personnes ont investi l’édifice religieux, dont assez bien d’opposants.

Directeur des routes à Mons, Yves Fobelets a insisté sur le fait que la N56b, telle que baptisée, ne sera pas une route exclusivement touristique conçue pour faciliter l’accès des visiteurs à Pairi Daiza.

Les camions ainsi que les convois agricoles pourront aussi l’emprunter mais pas les vélos en revanche, aucune piste cyclable n’étant prévue, ce que regrettent de nombreux intervenants. "La N56b a pour but de canaliser le trafic lié au parc qui, à l’heure actuelle, encombre les petites voiries communales beaucoup plus adaptées à la pratique du vélo", précise Yves Fobelets.

Ce dernier ainsi que Vincent Platiaux, ingénieur du SPW, ont du faire face à de nombreuses critiques par rapport à ce projet ayant pourtant fait l’objet d’un accord au sein de la task force. "Avec cette route, vous allez désengorger le village de Gages mais engendrer un fameux bordel du côté de Ghislenghien", s’est exclamé un habitant de cette localité.

Élargissant le débat aux enjeux climatiques, un autre participant considère ce projet d’un autre âge, en totale inadéquation avec la réalité actuelle qui impose une véritable transition écologique.

Un adolescent a pris la parole en faisant comprendre qu’il était du devoir des adultes de sauver la planète en arrêtant de privilégier des modes de déplacement aussi polluants que la voiture alors qu’il existe l’alternative des transports en commun.

Le bourgmestre, Bruno Lefèbvre (PS), a également fait part de son sentiment, émettant un avis réservé sur la phase 2 et carrément défavorable sur la 3. La population a jusqu’au 22 février pour s’exprimer.

19 millions

Le projet de N56b pour lequel le parc Pairi Daiza a introduit une demande de permis auprès du SPW prévoit de relier le domaine animalier à la N7 Tournai-Bruxelles par la construction d’une nouvelle voie d’accès d’une longueur d’un peu plus de 10 km. Pour autant que le permis soit accordé à Éric Domb, 18 mois espaceront chacune des trois phases. Il s’agira d’une route de transit à deux bandes de circulation sur laquelle la vitesse sera limitée à 90km/h et à 70km/h par endroits. Le tronçon de la phase 1 (contournement de Gages) s’étendra sur 3,18 km et comprendra deux ronds-points. Celui de la phase 2 (3,6 km) partira de la N523 pour rejoindre la ligne TGV qu’il longera. Deux giratoires seront aménagés sur le 3e tronçon entre la ligne TGV et la N7 (4,05km). Le coût total est estimé à 19 millions.