C'est un véritable geste fort qui a été posé par la Province de Hainaut envers toutes les personnes qui traversent aujourd'hui notre territoire, dans des conditions épouvantables, pour fuir la misère. En effet, trois décisions ont été annoncées. Décryptage avec Serge Hustache, président du collège provincial.

Vous avez débloqué la somme de 17 500 € pour aider les vingt-trois communes de Wallonie picarde pour la mise en place de lieux d'hébergement d'urgence. C'est la concrétisation de la motion adoptée visant à rendre le Hainaut Province hospitalière ?

"Nous avons effectivement voulu concrétiser des choses en mettant la moitié du montant qui était demandé aux communes. Cet appel émane de la conférence des bourgmestres, je tiens par ailleurs à souligner l'excellent travail mené par Jean-Luc Crucke et Vincent Palermo en la matière, et c'est positif. Et d'ailleurs, quand il y a des choses positives et intéressantes, la province répond toujours au rendez-vous."

Il est selon vous grand temps d'agir à notre niveau ?

"Très clairement. Nous ne pouvons pas être indifférents par rapport à une situation qui est humainement tragique. Nous avons dernièrement assisté à des commémorations de la guerre mais il faut aussi se rappeler que nous avons vécu des situations similaires lors de cette période. Il faut en tirer des leçons directement et donc venir en aide à ces gens qui fuient des situations de guerre."

Autre mesure forte, vous permettez aux migrants d'être accueillis au sein du gîte du C.A.R.A.H. à Ath en cette période hivernale.

"Effectivement. Nous répondons ainsi également à la demande de soutien formulée par les associations d'aide aux migrants en transit que sont la Plateforme pour l'Interculturalité à Tournai et la Plateforme citoyenne. Il s'agit en réalité d'une prolongation d'une action que nous avons déjà menée au mois de juin. Le gîte du C.A.R.A.H. peut ainsi accueillir entre cinq et dix personnes. La Plateforme citoyenne gère la situation sur place. Cela permettra de répondre à l'urgence et au manque d'hébergements à l'approche de la saison hivernale."

Vous allez par ailleurs également attribuer un subside exceptionnel à la Plateforme pour l'Interculturalité à Tournai. Une manière de pérenniser leurs actions ?

"Exactement ! Au même titre que d'autres associations, je suis très fier du travail que la Plateforme effectue. Nous avons une chance exceptionnelle, en Wallonie picarde d'avoir autant de personnes impliquées. C'est un atout fantastique qu'on ne trouve pas partout en Belgique. Nous devons féliciter ces gens qui donnent d'eux-mêmes au quotidien pour aider les personnes dans la difficulté."

Cette aide est-elle selon vous indispensable ?

"Elle est même élémentaire. Toutes les personnes qui se disent progressistes devraient agir de la sorte et je ne comprends pas que certains ne puissent pas le faire. Nous devons impérativement montrer à ces associations, à ces personnes qui donnent tant et qui sont en première ligne, qu'elles ne sont pas seules. Une institution comme la nôtre, la province, et cela est également valable pour les communes, n'a de sens que si elles sont en appui à des actions citoyennes et concrètes. Il faut donc aller au-delà du discours. Être une commune ou une province accueillante, c'est concrétiser des choses pour les gens qui sont en difficulté. Quand je vois toutes ces personnes qui travaillent pour les plateformes citoyennes, cela me donne chaud au cœur et à nouveau confiance dans l'avenir de la société."

Ces décisions, c'est également l'occasion de montrer aux plus sceptiques l'importance des provinces ?

"Nous montrons qu'on est là mais ce n'est en même temps pas fait pour cela. À nouveau, nous faisons tout simplement notre travail et, ce que nous demandons, c'est d'être respectés pour cela. Nous l'avons encore prouvé dernièrement puisque les provinces vont intervenir pour un tiers du financement des communes pour les zones de secours. Nous méritons d'être respectés pour ce que nous faisons, ni plus, ni moins."