À 21 ans, Margaux Paternoster entame sa première campagne

Qui a dit qu’en 2018 les jeunes se désintéressaient complètement de la politique ? Ce n’est pas le cas de Margaux Paternoster, dont le nom apparaît pour la première fois sur une liste électorale, en l’occurrence celle du bourgmestre sortant Christian Leclercq.

Rien ne prédestinait pourtant cette jeune et charmante Hellebecquoise ayant soufflé ses 21 printemps en août dernier à se présenter le 14 octobre prochain devant les électeurs silliens.

C’est aussi la première fois qu’elle ira voter. " Pour être honnête, mes parents suivent comme tout le monde l’actualité politique à travers les journaux et les débats télévisés, et celle-ci m’était plutôt indifférente jusqu’au jour où le bourgmestre m’a proposé de figurer sur sa liste. En guise de relève, il cherchait autour de lui quelques jeunes prêts à s’investir pour leur commune et ses habitants. Pour moi, le défi paraissait assez excitant et j’ai accepté de le relever avec beaucoup de plaisir et d’enthousiasme", raconte Margaux Paternoster.

Il faut dire que notre interlocutrice est déjà très active dans le secteur de la jeunesse sillienne. Depuis 2014, elle occupe un poste d’animatrice au sein de la commune. Un emploi qu’elle a eu la chance de décrocher juste après avoir terminé des études de socio-esthétique à Ath.

Cette profession consiste à prodiguer des soins de beauté aux personnes du 3e âge et aux patients atteints d’une grave maladie (cancer) afin de leur redonner un peu de dignité et d’estime de soi.

Pour l’heure, Margaux Paternoster encadre durant les vacances scolaires des enfants de 3 à 12 ans avec lesquels elle organise diverses activités et sorties, tout en s’impliquant à 200 % dans sa première campagne électorale. Si elle a choisi d’occuper la 8e place, ce n’est pas par hasard.

"C’est mon chiffre porte-bonheur, celui qui figurait sur mon maillot à l’époque où je jouais au basket à Petit-Enghien". S’étant fracturé une jambe, elle a dû, hélas, abandonner ce sport.

Aujourd’hui, elle pratique assidûment le hip-hop au sein d’un club de danse de l’entité. Désormais consciente que la politique est un moyen parmi d’autres de faire bouger les choses, notre jeune candidate bénéficie du soutien inconditionnel de sa famille mais aussi de ses amis. "Mes copines commencent à leur tour à s’y intéresser en me posant un tas de questions".

Bien qu’elle ne soit inféodée à aucun parti, ses valeurs sociales et de partage la situent idéologiquement plutôt à gauche. Une de ses priorités vise à renforcer les échanges entre les générations, qui ont tendance à se perdre. "Les jeunes ont beaucoup à apprendre des aînés à travers leur expérience et leur vécu, mais ils peuvent aussi apporter à ces derniers leur dynamisme. J’ai un voisin de 92 ans chez qui je me rends tous les jours depuis que je suis toute petite pour prendre de ses nouvelles et s’occuper de lui. Pour lui comme moi, c’est très enrichissant sur le plan humain ."

Intérêt tardif

" Mon plus grand regret, c’est de ne pas m’être intéressée à la politique bien avant. Grâce aux plaines de vacances dans lesquelles j’ai été monitrice et au bénévolat que j’ai effectué dans les écoles de l’entité, certaines personnes de la commune m’ont remarquée et m’ont ainsi demandé de faire partie de la Liste du bourgmestre. Je me rends compte qu’il est important de penser à la vie en communauté. Les débats ou les émissions politiques que je regardais à la maison me semblaient inaccessibles. Je ne comprenais pas tout et, même si mes parents tentaient de m’expliquer. Je me croyais trop jeune pour m’y intéresser. Je compte sur les aînés pour apprendre. Et ainsi pouvoir faire avancer mes idées tout en aidant les jeunes de mon âge à réfléchir et à s’intéresser à la politique. Depuis que je suis candidate, pas mal de mes amis posent des questions et m’en parlent."

Les jeunes sont démunis

" Lors de mes études, j’ai pu rencontrer pas mal de personnes fragilisées par la vie, en prison, dans les hôpitaux ou encore dans les homes pour personnes âgées ou handicapées. En les maquillant, en les massant, en prenant soin d’elles, j’ai pu leur apporter un moment d’écoute, un sourire, un peu de bien-être, du réconfort, de la confiance en soi. En retour, elles m’ont apporté aussi énormément de satisfaction sur le plan humain. Je me sentais utile. Mes études terminées, j’étais fière, motivée et pleine d’espoir. J’imaginais trouver un emploi rapidement. Hélas, ce ne fut pas le cas. Malgré l’aide du Forem ou des agences pour l’emploi, je me suis retrouvée seule devant mon ordinateur à envoyer des CV un peu partout. C’est là qu’il faut changer les choses."

Sereine avant le verdict

Sur le plan purement électoral, Margaux Paternoster attend sereinement le verdict des urnes sans nourrir d’ambition particulière. "Comme c’est une première pour moi et que les gens me découvrent, je manque encore de repères. Il m’est difficile de prédire le score que je suis en mesure de réaliser. L’essentiel pour moi n’est pas de décrocher un maximum de voix mais de me rendre utile en faisant avancer les choses dans la bonne direction. Si par bonheur je suis élue, ça serait la cerise le gâteau, mais je suis déjà très contente de vivre cette expérience en étant candidate. Celle-ci m’offre l’opportunité de rencontrer énormément de personnes différentes et de mieux cerner leurs attentes."

Ses idées et ses projets

En tant que jeune candidate, Margaux Paternoster ne cache pas sa satisfaction de faire partie d’une équipe dynamique et soudée. L’intéressée compte évidemment sur les conseils des mandataires les plus expérimentés figurant à ses côtés sur la Liste du bourgmestre pour apprendre les rouages de la vie politique. Et ainsi être en mesure de pouvoir faire avancer les idées qui lui sont chères. Parmi celles-ci figurent l’intergénérationnel et toutes les activités à mettre en place pour justement renforcer les échanges entre les jeunes et les seniors. Profiter de l’expérience des anciens et jouir du sourire et de la spontanéité des enfants représentent, à ses yeux, quelque chose d’essentiel. "Ma priorité est aussi d’aider les jeunes à choisir et à trouver un métier, à rendre la culture plus accessible aux jeunes tant sur le plan de la mobilité que sur le plan financier, tout en les encourageant à faire du sport et à bouger."