Tournai-Ath-Mouscron Via les éditions Casterman, Tintin s’est installé à Tournai dans les années 1930.

Le plus célèbre des reporters belges n’a pas pris une ride, bien qu’il fêtait ses 90 ans ce jeudi. Apparu pour la première fois en 1929 dans les pages du magazine Le Petit Vingtième, Tintin va connaître le succès à la suite de la parution de ses aventures aux éditions Casterman.

De quoi faire de lui un enfant de Tournai ?" Oui, il est né ici", avance Françoise Vanden Broecke, employée à l’office du tourisme de Tournai et qui a autrefois travaillé chez Casterman.

"Hergé cherchait un éditeur et Casterman a répondu à l’appel." C’est donc grâce aux imprimeries que Tintin a pu exister.

L’inverse semble vrai également, puisque Casterman a surfé sur le succès du reporter à la houpette pour se développer.

"Quand on voit le nombre d’albums, de tirages ou le nombre d’éditions dans d’autres langues. c’est impressionnant. Mais c’est sans doute aussi dû au fait que Casterman a été pionnier dans la bande dessinée et dans la BD pour adultes."

Les aventures de Tintin semblent donc avoir contribué aux grandes années de la maison Casterman. "À un moment, il y avait plus de 400 employés."

L’ancrage de Tintin à Tournai paraît dès lors davantage lié à la collaboration avec l’imprimerie Casterman qu’à une véritable naissance dans la cité des Cinq Clochers.

Au hasard des rues de la ville, plusieurs Tournaisiens partagent cet avis. "Tintin n’est pas tournaisien", soutient Françoise, 63 ans. "Mais il a donné une visibilité à la ville parce qu’il était édité par Casterman."

Et puis, dans ses albums, Tintin n’a jamais fait référence à sa ville d’adoption . "Ses histoires se passaient toujours à l’étranger", avance Annie, 60 ans. "Il n’est pas ancré à Tournai", ajoute Jean-Marie, 71 ans.

Pourtant, la parution d’albums en picard, notamment, aurait pu changer la donne. Mais le déclin connu par Casterman vers la fin du XXe siècle semble avoir également emporté les souvenirs de la présence de Tintin à Tournai… du moins pour les nouvelles générations, qui n’ont pas connu l’heure de gloire de l’imprimerie.

Florentin Vincke