David (prénom d'emprunt) se trouvait, récemment, devant la barre du tribunal correctionnel de Tournai afin de s'expliquer sur les faits qui ont été commis en 2011. A cette époque, François (prénom d'emprunt) avait demandé au prévenu s'il voulait devenir gérant d'une société, qui fabriquait des caisses en bois dans un entrepôt situé, à Frameries. Sauf, que cette société était loin de fabriquer que des caisses en bois. En effet, dans cet entrepôt et durant la même période, une activité de contrefaçon de cigarettes se réalisait. 

"J'ai accepté d'être gérant de la société à la demande de François car, j'étais ruiné. J'ai donc accepté et je percevais 500 euros par mois. Vers la fin, j'ai compris que quelque chose d'illégale se passait. François me demandait de relever le courrier. Une fois, un ouvrier m'a dit, que je ne pouvais pas rentrer dans l'entrepôt. C'est à ce moment-là que j'ai trouvé qu'il y avait quelque chose d'étrange. Je m'y rendais seulement, à la demande de François. Pendant quatre mois, je l'ai harcelé pour qu'il me remplace. Je n'ai jamais rien constaté, même pas une odeur de tabac. De plus, je n'avais pas accès au compte de la société", déclare David.

En effet, dans l'entrepôt de Frameries, des machines dédiées à la fabrication de cigarettes ont été retrouvées. David ne conteste pas ces faits car, il était le gérant. "Je reconnais et je ne conteste pas. J'étais gérant de la société. J'étais le responsable, c'est ma faute, je n'ai pas posé plus de questions concernant cet entrepôt", précise le prévenu. 

Cependant, cette histoire ne s'arrête pas là. En effet, David et François seraient également accusés d'exploitation d'être humains. Sept personnes ont été recrutées afin de travailler dans l'entrepôt mais, ces derniers vivaient un cauchemar. "François m'a dit qu'ils étaient indépendants et qu'il allait s'occuper de tout même de leur logement. Je n'ai jamais vu qu'ils logeaient dans l'entrepôt. En plus, ils possédaient des voitures luxueuses, je ne me suis jamais posé de questions. Pour moi, ils avaient la possibilité de sortir comme ils le voulaient. Je ne savais pas combien d'heures travaillaient les ouvriers par jour et je n'avais aucune idée du montant qu'ils gagnaient", ajoute le prévenu. 

Malgré les explications de David, les ouvriers ont une autre version des faits. Ceux-ci ne pouvaient pas quitter les lieux. Ils travaillaient douze à treize heures par jour et ils avaient l'interdiction d'utiliser des moyens de communication. 

Pour le représentant du ministère public, on constate bien que David et François avaient des liens et se connaissaient très bien. François n'était pas présent lors de l'audience et il n'a donc pas pu témoigner sur les faits. C'est un dossier qui retrace des faits graves et qui est proche de la prescription. Le représentant du ministère public requiert pour David, une peine de six mois d'emprisonnement et 1500 euros d'amende. Le jugement sera prononcé le 11 mars.