En mars 2018, Léon (prénom d'emprunt) était en voiture avec son fils de six ans dans la rue Royale, située à Tournai. Dans un moment de distraction, le prévenu a refusé de donner le passage à un piéton. Ce dernier, furieux et surpris, a donné un coup dans la carrosserie du véhicule de Léon.

"Je reconnais avoir coupé la chique au piéton. J'ai été distrait par mon fils qui était à l'arrière du véhicule. Je me suis excusé mais, il a donné un coup dans ma carrosserie", déclare Léon, le prévenu.

Cependant, les faits ne se sont pas terminés là. Léon a alors arrêté son véhicule à quelques mètres et est sorti afin d'avoir une discussion avec le piéton. Le prévenu est alors revenu à la charge et lui a reproché d'avoir frappé son véhicule. Sur le coup de la colère, Léon lui a donné un violent coup de poing au niveau de la mâchoire. Devant la barre, le prévenu conteste.

"Effectivement, je suis sorti de mon véhicule pour lui faire la morale. Seulement, je n'ai porté aucun coup à l'égard du piéton", précise le prévenu.

De lourdes conséquences


A la suite de ce coup de poing, la victime a eu dix jours d'incapacité de travail, des hématomes ainsi que des céphalées. D'après l'avocat du piéton, ce dernier ne nie pas avoir donné un coup dans la carrosserie. Il précise avoir été surpris par ce refus de priorité. La victime a notamment proposé à Léon d'aller à la police, mais l'homme s'est alors davantage emporté.

L'avocat du prévenu affirme que Léon s'est emporté verbalement mais il n'a en aucun cas porté un coup de poing à l'égard du piéton. Lors de l'audition, les policiers n'ont remarqué aucun hématome. De plus, un certificat médical a été déposé seulement deux jours après les faits. En ce qui concerne l'altercation et le refus de priorité, aucun témoin ne peut en témoigner. L'avocat de Léon demande, dès lors, l'acquittement et à titre subsidiaire une peine de travail ou un sursis simple.

Léon est déjà connu de la justice pour des faits anciens de coups et blessures. Le représentant du ministère public requiert six mois d'emprisonnement.

"A propos de mes antécédents, oui, j'ai fait des bêtises plus jeune. Mais, cela m'a servi de leçon"
, conclut le prévenu devant la barre.

Le jugement sera prononcé le 15 avril.