Tournai-Ath-Mouscron Paul-Olivier Delannois ne compte plus les attaques politiques visant son couple.

Durant la campagne, et même après son installation au poste de bourgmestre, Paul-Olivier Delannois a souvent été attaqué vis-à-vis de son couple qu’il forme avec Ludivine Dedonder. "C’est vrai que je l’ai caché durant des années, que je n’ai pas d’enfant avec elle, que personne ne le savait", ironise Paulo.

"Cela fait partie du côté médiocre de la politique… Que l’on m’attaque sur mes idées, je n’ai aucun problème sur cela. Mais que l’on m’attaque systématiquement, ou Ludivine, parce qu’elle est ma compagne, c’est désolant."

Pour le bourgmestre, la meilleure des réponses a été apportée par le citoyen lors des dernières élections communales. "Nous n’avons pas mis de baïonnette dans le dos de qui que ce soit pour voter pour l’un ou pour l’autre. Les Tournaisiens savent que nous sommes en couple et cela ne l’a pas empêché de voter pour Ludivine, pour moi ou pour nous deux."

Légalement, Paul-Olivier et Ludivine n’enfreignent effectivement aucune loi. "La loi en question devrait être revue pour la rendre moins restrictive. Elle date de Mathusalem à une époque où l’on craignait la mainmise de l’homme sur la femme de certaines familles. C’est par exemple un scandale de voir que l’un des frères Lutgens a dû démissionner alors qu’ils ont chacun fait les plus gros scores de leur commune et qu’ils sont de deux partis différents. C’est un déni de démocratie."

Derrière le couple se trouve également Oscar, le fils de Paulo et Lulu. "Lui aussi se rend compte des attaques que nous subissons", explique Paul-Olivier. "Inévitablement, nous parlons boulot à la maison. Quand on nous balance une saloperie en semaine, elle reste présente le week-end. Oscar, s’il ne comprend pas toujours les propos, comprend en revanche parfaitement la situation. Il nous demande d’ailleurs parfois si ça va. J’ai deux autres filles, aujourd’hui plus âgées et aguerries à ce genre de choses, qui ont aussi vécu avec les attaques politiques auxquelles j’étais exposé."

Cette polémique devrait théoriquement prendre fin dans quelques mois. Effectivement, si elle est élue, Ludivine Dedonder devrait quitter le collège communal pour siéger au sein du Parlement fédéral.

"C’est encore l’histoire contre le cumul des mandats. Ce que je peux dire, et ce n’est pas le compagnon qui parle mais le bourgmestre, c’est qu’en perdant Ludivine au collège, Tournai sera perdant. C’est quelqu’un qui connaît ses dossiers, qui les défend et qui a une énergie constante pour trouver des idées !"