Covid oblige, la surcharge de travail est manifeste dans les services des unités médico-techniques. Si les unités de soins sont pour le moins fort sollicitées en ce moment au CHwapi, les services des unités médico-techniques sont eux aussi impactés par la crise sanitaire et ont dû s’adapter. C’est le cas dans le domaine de l’imagerie médicale (scanners, radios, échos…).

"Nous avons conservé l’ensemble de nos activités hospitalières ouvertes avec les rendez-vous, souligne Vincent Houttemane, infirmier chef de service imagerie médicale. Nous avons réfléchi aux circuits pour les patients Covid et non Covid en mettant l’accent sur trois mots : qualité, sécurité et rapidité. Nous devons répondre rapidement aux demandes d’examen. Nous avons ainsi beaucoup de demandes pour les scanners thoraciques et les radios du thorax. Un scanner est d’ailleurs dédié spécialement aux patients Covid."

Les chiffres ne trompent pas. "Au niveau du scanner, nous tournons autour de 35 examens par jour en moyenne pour les patients Covid. Ici, nous montons parfois à 60. Lors de la première vague, en trois semaines, nous étions à 1346 examens par semaine et ici, après trois semaines de deuxième vague, nous en sommes à 2437."

Les examens pour les cas Covid lourds sont pour le moins complexes. "Un scanner thoracique prend en général entre 2 et 4 minutes. Pour un patient Covid sous respirateur, il faut compter de 30 à 35 minutes et il faut 5 personnes autour du patient, d’où une surcharge de travail."

Les patients non-Covid ont aussi besoin de passer leurs examens. "Surtout quand on sait qu’en trois mois, un cancer peut flamber, assure Vincent Houttemane. Nous avons par exemple constaté ces derniers temps des appendices perforés, que nous ne rencontrions plus depuis 10 ans."

Le service d’imagerie médicale ne peut pas tourner seul. Autour de lui, une mobilisation s’est créée. "Notamment par le biais des brancardiers, qui nous fournissent une aide précieuse, de même que les secrétaires, qui restent parfois jusqu’à 20 h pour encoder les patients. Les femmes de ménage sont là aussi. Trois fois par jour, elles désinfectent les locaux. Il y a vraiment un esprit de solidarité et aussi de créativité puisque des collaborateurs nous font part de leurs idées pour améliorer encore plus la qualité du service. Même si les équipes sont fatiguées, elles sont contentes de nous venir en aide."

Patients parfois démoralisés

Le service de dialyse, lui, a été étendu en mai dernier. Les patients y viennent trois fois par semaine à raison de 4 heures pour soigner leur insuffisance rénale. Ils ont parfois d’autres pathologiques, comme du diabète ou de l’hypertension et sont plus à risque que la majorité de la population. Dès mars, un protocole a été mis en place afin d’éviter les contaminations.

Que comporte-t-il ? Le port du masque d’abord. "Le personnel infirmier le porte tout le temps et les patients aussi, explique Sébastien Guarin, infirmier chef de service dialyse. Il y a aussi d’autres étapes, comme la prise de température, qui a parfois permis de révéler des patients positifs et pourtant asymptomatiques. On observe bien nos patients. Parfois, nous leur posons des questions pour voir s’ils ressentent des symptômes. Chacun doit jouer le jeu. Nous avons désormais 5 chambres d’isolement et elles sont pleines."

Car évidemment, ce n’est pas parce qu’un patient est positif qu’il ne peut plus bénéficier de sa dialyse. Le volet communication est très important également.

"Il s’agit de prendre le temps d’expliquer aux patients la procédure mise en place, poursuit Sébastien Guarin. Au fil du temps, certains d’entre eux ont noué des liens mais à l’heure actuelle, ils ne se retrouvent plus au même moment en dialyse et cette perte de contacts sociaux n’est pas sans conséquence sur leur moral et donc leur santé. Des patients sont en détresse à cause de ce manque de contacts. Il faut donc beaucoup dialoguer."

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