Tournai-Ath-Mouscron La société Immpuls Construct veut construire un bâtiment de 67 logements pour étudiants à la rue des Carmes.

La société Immpuls Construct a déposé une demande de permis d’urbanisme pour construire un nouveau bâtiment visant à accueillir des logements pour étudiants. Le projet dessiné par l’atelier d’architecture Meunier-Westrade est situé rue des Carmes à Tournai.

Selon le projet de la société basée à Eeklo, près de Gand, la façade sur front de rue sera conservée. Le reste sera démoli pour ériger une résidence comprenant 67 logements pour étudiants et une conciergerie avec 19 emplacements de parking.

"Les bâtiments existants accueillaient déjà des logements pour étudiants, mais une grande majorité de ceux-ci n’étaient plus adaptés à cet usage et ne correspondaient plus aux normes en vigueur et donc, laissés à l’abandon", peut-on lire dans le dossier au service Urbanisme à la ville de Tournai.

Le maître d’ouvrage dit avoir réalisé une étude, lit-on encore dans le rapport urbanistique du cabinet d’architectes, "afin de connaître les besoins réels en logements étudiants sur la Ville. Tournai compte environ 5.000 étudiants. Comme le remarquent la plupart des établissements, les logements étudiants sont insuffisants, tant quantitativement que qualitativement".

Cette nouvelle résidence étudiante "va ainsi répondre à la demande de logement étudiant et de tirer vers le haut l’offre de logements dans la ville et apporter un aspect qualitatif. Ce projet permet également de réhabiliter un site, en cœur d’îlot, où les bâtiments sont en mauvais état, mal isolés, difficilement adaptables aux exigences actuelles et en majeure partie inoccupés."

D’autres projets de résidence pour étudiants sont en cours dans l’entité de Tournai. Une société prévoit ainsi d’aménager 127 studios dans un nouveau bâtiment situé quai Sakharov à Tournai.

Rue Galterie Saint-Jean, un immeuble a été récemment rénové pour y installer une trentaine d’étudiants.

A priori, ces résidences semblent être un bon calcul pour les promoteurs immobiliers car le nombre d’étudiants à Tournai est important. Car il y a plusieurs hautes écoles et l’UCL va déménager sa faculté d’architecture dans le centre-ville. Mais la réalité sur le terrain, même si le projet de la rue Galterie Saint-Jean affiche complet, est différente. De plus en plus de propriétaires de kots se retrouvent sur le carreau à la rentrée.


Le marché du kot est toujours morose

Développer des projets de résidences pour étudiants à Tournai semble être une bonne idée. Mais force est de constater que la balance entre l’offre et la demande n’est pas équilibrée. Et elle est en défaveur des propriétaires de kots à Tournai.

La réponse est d’ailleurs cinglante du côté d’Infor Jeunes Tournai : le marché de location des kots est morose. Très morose. "Il y a une dizaine d’années, il restait peut-être une dizaine de kots libres sur une offre de plus de 300 disponibles à Infor Jeunes", explique Sylvain Glorieux, d’Infor Jeunes Tournai. "Et aujourd’hui, 112 logements sont inoccupés sur l’entité de Tournai, soit un tiers des logements pour étudiants dont nous avons les annonces des propriétaires. Ces logements sont principalement situés dans le centre-ville de Tournai et un peu autour de Saint-Luc à Ramegnies-Chin."

Face à cette situation, les propriétaires de kots bien souvent occupés par des Français demandent des explications à Sylvain Glorieux.

La raison principale : le retour des étudiants français vers l’Hexagone. "Beaucoup d’étudiants français logent désormais en France afin d’obtenir les APL, les aides personnalisées au logement. S’ils résident en Belgique, ils ne les auront pas."

Ces étudiants préfèrent faire la route depuis la France, que ce soit Lille ou Baisieux, pour se rendre aux cours à Tournai et ainsi bénéficier des allocations françaises. L’installation de Saint-Luc en centre-ville ne changera donc pas la donne.

La limitation du nombre d’étudiants étrangers dans certaines filières de l’enseignement supérieur, notamment dans le secteur médical et paramédical, est une autre cause.

Une question se pose dès lors aux autorités publiques : ces projets de résidences pour étudiants, que ce soit celui du quai Sakharov ou de la rue des Carmes, doivent-ils obtenir leur permis s’il n’est pas certain que les logements soient remplis ?