Marie-Christine Marghem a soulevé l’épineux sujet de l’insécurité ressentie par les citoyens.

La problématique de l’insécurité à Tournai, Marie-Christine Marghem (MR) n’a pas attendu l’horrible agression survenue ce mardi sur la Grand’Place, où un client d’un établissement Horeca a reçu un coup de couteau, pour en parler. En effet, après avoir fait part de son inquiétude lors du dernier conseil communal de la cité des Cinq Clochers, elle a pris le temps de s’étaler sur le sujet ce jeudi.

"L’agression de ce mardi reflète et illustre quelque chose de plus global qui concerne le sentiment d’insécurité qui est de plus en plus manifeste en ville", souligne MCM. "J’ai d’ailleurs pu voir sur les réseaux sociaux que certains voulaient manifester contre cette insécurité grandissante à Tournai."

Récemment, le chef de corps de la zone de police du Tournaisis, Philippe Hooreman, se montrait rassurant quant à la sécurité dans le centre tournaisien en expliquant que les faits d’agressions commis début novembre étaient "du ramdam pour rien". Pour Marie-Christine Marghem, il aurait plutôt dû adopter une attitude constructive.

"On attend beaucoup, peut-être trop, de notre police. Mais quand on voit ce qui se passe sur le terrain et la grande facilité avec laquelle les infractions sont commises, on est très interpellé." En comparant les chiffres liés à la criminalité des deux dernières années, une dizaine de catégories de (mé)faits est en augmentation.

"C’est le cas, par exemple, pour les dégradations de la propriété, infractions contre la sécurité publique, la fraude, les drogues, l’ivresse et l’alcool, etc. Il ne faut donc pas dire qu’il n’y a rien qui va mal ou que les gens qui ressentent et expriment de l’insécurité sont à côté de la plaque, exagèrent ou veulent faire du bruit pour rien. Il est temps de s’alarmer."

Et les PLP ?

Ce sentiment d’insécurité pourrait pourtant être moindre avec l’installation de PLP, Partenariat local de prévention. Grâce à ce dernier, les habitants d’un quartier collaborent entre eux pour signaler le moindre fait suspect. Ils n’interviennent évidemment pas eux-mêmes mais un référent signale la situation problématique directement auprès des services de police.

"Alors qu’on retrouve des PLP à Ath, Mouscron ou encore Estaimpuis, je m’étonne de ne pas en voir à Tournai. Il faudrait qu’on puisse mettre sur pied un partenariat de ce type-là. Cela permettrait à un quartier de vivre de manière plus sereine car les gens apprennent à se connaître, à travailler ensemble et à relayer auprès des forces de l’ordre les informations qui pourraient servir."

Les incivilités sont malheureusement également légion. "Des citoyens m’alertent régulièrement pour me faire part de leur crainte de se déplacer dans Tournai, notamment au niveau de l’axe de la rue Royale, une fois une certaine heure passée." Marie-Christine Marghem évoquait alors le contenu d’une lettre qu’elle avait reçue d’un habitant du quartier de la gare.

"Cette lettre date du 19 novembre et ce citoyen, qui parle au nom de tout un groupe, y soulevait l’augmentation des incivilités, surtout en soirée et durant les nuits. Il y explique également que parcourir la rue Royale une fois la nuit tombée relève d’une naïveté dangereuse."

Ce problème au quotidien, qui se manifeste et qui est bien réel, doit évidemment être pris au sérieux.

"Tant les forces institutionnelles de la commune, tout le conseil communal où cela mériterait un grand débat et les forces de police ainsi que l’organisation judiciaire doivent travailler pour que nous ayons un sentiment de sécurité plus acceptable. Évidemment, la sécurité totale n’existe pas mais on ne doit plus pouvoir constater que des habitants tournaisiens de toujours aient envie de partir."

Un travail de terrain important qu’il faudra véritablement prendre à bras-le-corps.

Population inquiète

L’insécurité fait également fuir la population du centre-ville tournaisien. Un cercle vicieux est ainsi en train de s’installer. "Nous constatons que Tournai se vide et cela ne va pas s’améliorer selon l’Institut wallon de l’évaluation et la prospective", souligne Marie-Christine Marghem. "De nombreuses choses font que notre ville est beaucoup moins accueillante. Je pense notamment à la saleté, les chantiers et les trous partout, la difficulté de mobilité, le stationnement qui devient complètement kafkaïen, etc. De plus, d’autres villes proches de la nôtre ont une politique d’ouverture vis-à-vis des investisseurs par exemple. Chez nous, on veut faire en sorte qu’il n’y ait plus d’étalements urbains où que ce soit pour inciter les gens à un habitat beaucoup plus dense dans le centre-ville. Mais on n’impose pas aux gens d’aller où ils ne veulent pas."