Place Crombez, rue Royale, gare, etc. Le conseiller Delvigne ne loupait aucun sujet.

Robert Delvigne ne se montrait en tout cas guère satisfait des explications qui lui étaient données. "Un discours que j’entends depuis à peu près 20 ans. À titre personnel, je vois ce que ça a donné du côté de la rive gauche, j’espère que la rive droite ne sera pas impactée de la même façon", assurait-il dans un premier temps.

L’ancien échevin rappelait dans un premier temps que la composition de la place Crombez était due à la présence passée de trams à Tournai.

"On envisageait à l’époque de continuer à en mettre. Toutes les voiries avaient d’ailleurs été conçues pour faire circuler ces trams. Voilà un projet européen qui aurait été intéressant plutôt que de remplacer nos pavés de qualité par du carrelage de salle de bains."

Le conseiller MR ne comprenait pas pourquoi il fallait modifier la mobilité au niveau de la place Crombez. "J’ai l’impression que finalement, on donne toute la priorité aux bus. On va tout modifier : le sens de mobilité, les habitudes des gens, etc., pour amener les bus là où ils veulent, c’est-à-dire à leur gare. Surtout pour des bus qui ne sont remplis qu’à 8 h à et à 17 h..."

Idem en ce qui concerne la rue Royale. "Elle fonctionne bien mais on veut la changer avec une piste cyclable au milieu de la voirie. Il faut déjà être kamikaze pour être cycliste à Tournai, cela le sera encore plus avec les bus qui vont faire leur retour."

Une ville qui se vide ?

Robert Delvigne touchait enfin un dernier mot sur la gare. "Une gare peut avoir deux fonctions, soit elle remplit la ville, soit elle la vide. À Tournai, on est dans la deuxième option. Tous les matins, des Tournaisiens vont à la gare, déposent leur voiture dans des grands parkings, et montent dans le train pour Mons travailler parce qu’on y retrouve des administrations."

La gare de Mons aurait d’ailleurs été aménagée en conséquence. "Il est en effet normal de retrouver une grande esplanade devant leur gare vu le flux de piétons. Mais, à Tournai, combien de travailleurs sortent le matin de la gare pour venir travailler dans une ville où il n’y a plus d’administration, de poste, de banque, d’assurance, de commerces et bientôt plus de riverains ?"