Un an après le commencement de la crise sanitaire, le secteur de l'Horeca est toujours à l'arrêt et beaucoup de questions se posent autour de ce secteur. Pour les professionnels, le temps commence à devenir long et les aides octroyées par le gouvernement ne suffisent pas. Le personnel ainsi que pas mal d'étudiants demandent du soutien de la part de notre gouvernement. De plus, aucune date est prévue pour la réouverture, une situation qui laisse le secteur sans voix. C'est pourquoi, l'Horeca manifestait ce 5 février dans plusieurs communes de Bruxelles et de Wallonie, dont la ville de Tournai.

"L'Horeca est à bout de souffle. Au début, nous espérions que cela dure simplement deux ou trois mois. Mais maintenant, cela fait huit mois que nous sommes fermés. Aujourd'hui, trente-cinq communes en Wallonie et à Bruxelles se mobilisent dont Tournai. Nous sommes en train de crier un ras-le-bol, un cri de détresse
", déclare Robert Delvigne, président de l’Association Générale des Commerçants de Tournai.

Pour la plupart des restaurateurs et des cafetiers, il est clair que leur secteur meurt à petit feu et le gouvernement belge ne semble pas conscient de la gravité de la situation. En effet, ce dernier demande de la patience et encore de nombreux efforts. Sauf, que l'Horeca ne peut plus patienter plus longtemps.  "Nous n'avons plus la possibilité de faire face à la situation. Le droit passerelle nous permet de faire face à nos charges privées mais, pas à notre entreprise. Nous souhaitons plus d'aide de la part de l'état. Le gouvernement est déconnecté de la réalité du terrain. Ils ne savent pas ce qu'il se passe. Nous avons besoin de beaucoup d'argent pour faire tourner la machine", ajoute Robert Delvigne. 

Ces professionnels veulent que les choses changent et évoluent dans le bon sens. Sur la Grand-Place de Tournai, ceux-ci revendiquaient notamment, des aides supplémentaires à la relance, une aide sur du long terme, une égalité entre les trois régions ou encore une réouverture urgente de leurs établissements. Par la même occasion, le président de l'Association Générale des Commerçants de Tournai a remis un dossier de revendications au bourgmestre de Tournai afin que leurs messages prennent une plus grande ampleur au sein du gouvernement. 

"Nous allons remettre au bourgmestre, Paul-Olivier Delannois, un dossier comprenant des  revendications afin qu'il soit remis au gouvernement. Au niveau de la commune, nous comptons sur lui pour avoir des aides sur du long terme", conclut Robert Delvigne.


Yiran Peng, 28 ans, gérant du café l'Hectolitre


Pour ce jeune homme, gérant du café l'Hectolitre à la place Saint-Pierre à Tournai, cette crise sanitaire a impacté son établissement mais aussi sa vie privée. Aujourd'hui, Yiran s'en sort grâce à ses économies et est obligé de remettre tous ses projets.

"J'ai économisé pendant quatre ans et heureusement que je n'ai pas fait des investissements ailleurs. Car, aujourd'hui, je puise dans mes réserves pour payer ce que je dois payer. Les aides données par l'état me servent à payer mon loyer et c'est tout. Mais, ce n'est pas suffisant", déclare le gérant. 

De plus, pour lui, certaines décisions prises par le gouvernement ne sont pas cohérentes. " C'est scandaleux, les grandes surfaces et les commerces sont ouverts et nous, non. Nous devons rester fermer. Alors que, de nombreuses personnes ne font pas attention dans ces établissements. Les restaurants et les métiers de contact étaient les secteurs qui respectaient plus les règles et notamment, la désinfection. Aujourd'hui, nous sommes les derniers sur la liste", précise Yiran. 

Pour ce jeune gérant, le gouvernement n'écoute pas le secteur de l'Horeca. "Je suis venu car, je veux que le gouvernement nous entende et agisse. Nous voulons des informations supplémentaires, même pour les employés qui sont aussi oubliés. Et bien entendu, nous voulons de l'aide en plus", conclut Yiran Peng.

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Le bourgmestre et l'échevine derrière l'Horeca

À la suite de la remise du dossier de revendications, le bourgmestre Paul-Olivier Delannois n'a pas hésité à s'adresser aux restaurateurs et aux cafetiers en témoignant son soutien. " Vous nous demandez de compatir, ce n'est pas difficile. D'autres secteurs souffrent, tout le monde souffre", déclare le bourgmestre. 

En ce qui concerne, l'intervention de la ville de Tournai, Paul-Olivier Delannois reste optimiste. "Par rapport à la ville de Tournai, si nous pouvons faire des choses pour l'Horeca, nous le ferons. Par rapport au soutien du gouvernement fédéral et régional, nous ferons remonter les revendications. Je ne peux rien promettre à ce niveau-là mais, je ferai passer le message".

Le bourgmestre de Tournai a terminé son intervention par un message clair et positif. "Tout le monde souffre de cette crise sanitaire. Mais, on espère que demain redeviendra comme hier".

Caroline Mitri, échevine à la ville de Tournai, s'est également exprimée lors de cette manifestation et n'a pas hésité à rappeler l'importance de ces établissements au sein de la ville. " Je m'associe à ce que le bourgmestre vient de dire. Nous devons tous être unis pour sauver le secteur de l'Horeca et nous devons tous être derrière vous."