Lors du conseil communal de ce lundi soir, les différents chefs de groupe de l'opposition ont commenté le budget 2021 de la cité des Cinq Clochers. Pour rappel, le bourgmestre Paul-Olivier Delannois l'avait présenté à la presse vendredi dernier. Le mayeur avait ainsi notamment expliqué que ce budget tirait la sonnette d'alarme, la Ville devant aller reprendre 4,5 millions de ses provisions afin de pouvoir faire face à la cotisation de responsabilisation du CPAS.

C'est d'abord Benjamin Brotcorne, chef de groupe Ensemble, qui a pris la parole en assurant d'entrée de jeu que le mouvement citoyen était bien conscient que 2021 ne sera pas une année comme les autres, crise sanitaire oblige. "Baisse des recettes, hausse des dépenses d’aide à nos concitoyens touchés financièrement par cette crise, la situation sera délicate ! Il nous paraît qu’il faut préserver les recettes communales mais en veillant à ce qu’elles soient prioritairement affectées à nos concitoyens directement frappés par la crise sanitaire. C’est une question de responsabilité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avions voté pour le maintien de la taxe additionnelle à l’impôt des personnes physiques. Dans l’opposition oui, dans le déni de la réalité, non !"

Au regard du boni de 26 000€ à l'ordinaire et des nombreuses incertitudes qui planent, Ensemble estime que l’équilibre de ce budget paraît bien précaire. "Sachant que lorsqu’on confectionne un budget, il est aisé de retirer çà et là un petit montant, il est tentant de penser que pour se conformer à l’obligation légale de présenter un budget à l’équilibre, les chiffres ont été adaptés pour arriver à ce léger boni. Notre crainte est que ces chiffres devront être adaptés en cours d’année en fonction des effets inévitables de la pandémie sur certaines recettes. Si l’on veut regarder la réalité en face, le budget présente un budget en déficit de 4.700.000 euros compensé par une reprise de provision. Bien sûr, ce montant servira à aider le CPAS mais uniquement en matière de cotisation de responsabilisation. Il n’y a aucune aide qui est prévue pour faire face aux futures demandes complémentaires et inévitables consécutives à la pandémie."

Au niveau du budget extraordinaire, Benjamin Bortcorne explique que sur les 75 millions d'euros, près des deux tiers sont des reports du budget de l'an dernier. "Nous sommes interpellés de constater que le budget 2021 est en grande partie une copie du budget de 2020. À Tournai, les projets n’avancent pas, le COVID n’explique tout de même pas tout. Bien sûr, il y a le hall Satta et le Mont Saint Aubert mais combien de temps faudra-t-il pour en voir la concrétisation ?" Ensemble s'est abstenu lors du vote.

De son côté, la représentante du PTB, Dominique Martin, mettait en exergue les 35 millions d'emprunt présentés dans le budget. "Nous ne contestons pas l'utilité de tous ces emprunts mais il y a des projets auxquels le budget promet des millions à n'en pas finir (Quartier de la gare, Smartcenter, Tournai Xpo, Halle aux Draps) et d'autres qui sont complètement absents et pourtant prioritaires comme le logement ou la lutte contre la grande pauvreté. Pourquoi la Ville peut dégager tant de moyens propres pour de grands projets, contracter pour cela de tels emprunts, alors que pour diminuer, par exemple, la pénurie de logements sains et abordables, vous ne le pouvez pas ?"

Enfin, Marie-Christine Marghem, cheffe de groupe MR, déplorait un manque de vision globale. "Nous n'avons pas encore pu la déceler à travers vos exercices budgétaires et vos différents projets tout au long des conseils communaux. Dans le budget 2021, qui est prudent, il n'y a qu'environ 25 millions de nouveaux projets. Tout ceci est quand même assez étroit. Il faudrait développer une vision beaucoup plus ample, sereine et militante."

La conseillère de l'opposition expliquait encore que le collège devait faire en sorte que le développement économique ne soit pas lettre morte au sein de la Ville avant de pointer le futur. "Nous savons qu'en 2022, nous commencerons vraiment à avoir de gros problèmes. Tout d'abord avec la dotation à la zone de police, ensuite le problème de la cotisation de responsabilisation du CPAS et, enfin, ce même problème pour la Ville. Il faut essayer de maîtriser son dossier et de savoir s'il n'y a pas d'autres solutions plutôt que de se ranger derrière une fatalité. Nous ne pouvons pas soutenir ce budget car nous estimons que, même si quelques efforts ont été tentés, la réflexion n'a pas été assez loin, notamment dans la prévisibilité dans les dépenses à venir et dans la manière de résister aux dépenses faramineuses qui frappent à nos portes fin 2021."