Le bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois, a déjà exprimé sa position par rapport à la problématique des transmigrants dans notre région et plus particulièrement dans sa commune. En clair, il n’est pas d’accord avec la stratégie des associations. Il l’a répété à Péruwelz lors de la venue du secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi.

"Bien entendu, ces situations sont dramatiques. Mais je ne suis pas d’accord sur la manière de résoudre le problème. Je ne suis pas le gros facho de service pour autant. On me colle l’étiquette de shérif mais je tiens à rappeler quand même que Tournai a un des plus grands centres de la Croix-Rouge pour l’accueil de ces personnes et que nous avons une maison internationale accueillant des étudiants étrangers. C’était une des premières du genre en service. Nous avons aussi les bains-douches, une initiative qui n’existe qu’à Tournai."

Paul-Olivier Delannois conteste donc la manière de faire. Pas la bonne, selon lui. "Je ne suis pas fier d’avoir à Froyennes l’aire d’autoroute la plus insécurisée de Wallonie. On me dit que ça ne crée aucun problème. C’est faux. J’en veux pour preuve qu’une entreprise toute proche a investi pour se protéger car elle est régulièrement visitée. Les camionneurs se plaignent aussi. Les associations font un travail de sensibilisation, très bien. Mais faites-le loin de l’aire d’autoroute."

Paul-Olivier Delannois continue à dire qu’il faut sensibiliser les migrants pour qu’ils entament un parcours d’intégration depuis Bruxelles avant de revenir vers un centre de la Croix-Rouge.

"S’ils reviennent ensuite à Saint-Jean, je les accueillerai à bras ouverts. Mais la grande majorité de ces personnes opte pour l’Angleterre et c’est là où je ne suis pas d’accord. L’aide, je la conçois, mais quand on a aidé la personne à monter dans le camion et qu’on s’est donné bonne conscience, sait-on que la personne qui est montée dans le camion ne va pas nécessairement terminer en Angleterre mais peut-être au fond de la Manche ?"

Manque de clarté

Le bourgmestre tournaisien s’est aussi exprimé à propos du centre d’accueil de jour pour réfugiés de Tournai, qui vient d’emménager dans ses nouveaux locaux.

"L’installer face au commissariat est une provocation. Un peu comme si la police devait fermer les yeux. Or, je ne cautionne pas l’illégalité. Etablir un tel lieu en plein centre de Tournai et donc à proximité de l’aire de Froyennes, quelque part, est une mauvaise idée. Mais encore une fois, ce n’est pas parce que je dis ça que je suis le gros raciste de service. Simplement, il y a aussi dans cette affaire des crapules, à savoir les passeurs, et je n’ai pas envie qu’ils utilisent ce centre pour faire de la publicité."

Une fois de plus, Paul-Olivier Delannois fustige aussi la lasagne institutionnelle de notre pays et dénonce "le manque de clarté du fédéral par rapport à cette problématique. Je voudrais plus de clarté surtout pour savoir ce que je peux faire ou ne pas faire en tant que bourgmestre."