La Ville possède un matelas de 9,5 millions d’euros, mais elle ne peut pas offrir de paix fiscale.

Le compte 2014 de la Ville de Tournai a été présenté ce lundi au conseil communal. Les chiffres sont excellents. Le résultat à l’exercice ordinaire est de 4,2 millions d’euros. Le boni global est même de 9,5 millions d’euros !

"C’est positif par rapport au contexte. C’est surtout dû aux rentrées fiscales de l’IPP plus importantes que prévu. Le fédéral avait estimé l’IPP à 19.676.000 €. Or, nous avons perçu 23.674.000 €", relève l’échevine des Finances, Laetitia Liénard (PS). "Nous maîtrisons aussi nos dépenses de fonctionnement et de personnel."

De là à adoucir la fiscalité pour les Tournaisiens ? l’IPP est au maximum, soit 8,8 %, et les centimes additionnels au précompte immobilier sont passés de 2.700 à 2.950 pour le budget 2015.

Et là, chiffres à la clé, Laetitia Liénard répond par la négative. Les entités consolidées, dont les zones de police et de secours, mais surtout le CPAS, vont plomber les finances communales. "Dès 2017, le CPAS ne pourra plus présenter de budget en équilibre. Il finira de vider le fonds de réserves avec 1,3 million d’euros ponctionné en 2015 et 2 millions en 2016."

Or, il y a de nombreux écueils : la construction du nouveau home du Moulin à Cailloux à Tournai qui doit, avec le home Grugeon à Kain, accueillir tous les résidents des homes du CPAS. Ca, c’est déjà quelques millions. 2e élément : la fonte du fonds de 10 millions constitué pour le personnel mis à disposition du Chwapi. Dans quelques années, la douloureuse sera d’un million par an. 3e problème : le CPAS doit rendre les 7.000.000 € avancés par la Ville.

Dernier souci : les cotisations de retraite ONSSAPL pour le personnel non nommé. "Elles sont de 2,1 millions en 2015, et elles seront de 2,5 millions en 2016, de 2,8 millions en 2017, de 3,1 millions en 2018, de 3,5 millions en 2019 et de 5 millions en 2020. Et cela continuera de grimper. Les chiffres ont été confirmés et nous n’avons aucune solution pour financer cela."

La situation du CPAS va ainsi plomber durablement le train de vie de la Ville. Et si la Région ou le fédéral n’apporte pas plus de soutien financier, le CPAS devra très probablement vendre ses maisons de repos. Et cela ne sera sûrement pas suffisant. L. Dup.