Ce mardi matin, la présidente du Centre Public d'Action Sociale de Tournai Laetitia Liénard a présenté le budget 2021 de l'institution sociale. Un budget de 62 millions d'euros au niveau du service ordinaire, dont 10 millions relatifs à l'intervention communale, qui ne présente finalement pas grand-chose de neuf par rapport à celui de l'année précédente.

Cependant, outre la problématique de la cotisation de responsabilisation qui vient assombrir le futur financier des CPAS du pays, un nouveau caillou est venu se loger dans leur chaussure avec le second pilier de pension.

"En 2019, les pouvoirs locaux ont eu la possibilité de constituer un second pilier de pension pour que le personnel contractuel puisse bénéficier d'une pension équivalente au personnel statutaire, détaille Laetitia Liénard. Malgré les incitants régionaux et fédéraux de diminution minime de la cotisation de responsabilisation, nous avons fait le choix de ne pas constituer ce second pilier car nous n'avions pas les moyens financiers de le faire. Nos instances de tutelle ne nous ont pas non plus incités à le faire."

Un an plus tard, c'est finalement la douche froide pour le CPAS. "Nous avons effectivement appris que le fait de ne pas avoir constitué ce second pilier nous coûte de l'argent. Pour 2020, nous avons donc une pénalité à payer de 500 000€." L'année prochaine, la pénalité est même estimée à 1,2 million d'euros ! "C'est en fait une enveloppe fermée. Ainsi, les communes qui ne constituent pas le second pilier ont une pénalité qui va financer ceux qui l'ont constituée. Cela représente une majorité de communes flamandes. Nous sommes très peu à l'avoir fait en Wallonie."

Cela a ainsi pour conséquence que le CPAS doit réclamer à la Ville la somme de 5,4 millions. Une somme qui, selon les projections pour les années à venir, ne fera qu'augmenter pour se chiffrer, d'ici 2026, à plus de 8 millions. "C'est le lot de la majorité des pouvoirs locaux en Wallonie. On doit donc poser un choix sur la constitution du second pilier ou pas. Si on ne le fait pas, on va payer une pénalité de plus en plus lourde. Mais pour le faire, il faut disposer des fonds nécessaires que nous n'avons pas. C'est très inquiétant car nous sommes vraiment au bord du gouffre. On n'arrête pas de le signaler, des groupes de travail se mettent en place mais on ne voit pas d'avancée significative dans l'aide que l'on peut attendre des gouvernements supralocaux pour ces problématiques très angoissantes."

Des dépenses pour le quotidien

Au niveau du service extraordinaire, les investissements sont ici estimés à 1,2 million d'euros. Ces derniers ne sont pas financés par de l'emprunt mais bien par des fonds de réserve alimentés par la vente de bâtiments du CPAS. Pour mieux fixer les dépenses nécessaires, la présidente du CPAS a travaillé directement avec les chefs de service pour voir quelles étaient leurs priorités. "On ne parle ainsi pas de dépenses inconsidérées, ni luxueuses mais bien de dépenses utiles pour le quotidien. Des choses basiques mais ô combien importantes."

On retrouve ainsi des dépenses liées à la sécurité telles que l'installation de centrale incendie, de système d'ouverture de porte, de mise aux normes électriques, d'aménagement de garages à vélos, etc. "Nous avons également prévu un montant de 15 000 € pour faire une étude sur le cadre du personnel qui est totalement dépassé. Il ne correspond plus aux dix-sept départements actuellement en fonction au CPAS, il faut le moderniser, le mettre au goût du jour."

L'informatique doit aussi être développée. "On était très loin à ce niveau puisqu'on travaillait partout sur papier. Cela faisait d'ailleurs partie des remarques du certificateur. Il nous faut donc du matériel, ce qui est prévu par l'achat de smartphones, de tablettes, d'ordinateurs et d'écrans." Si le montant est estimé à 74 000€, le CPAS annonce une bonne nouvelle. "La Ville va obtenir un subside régional de 170 000€ dont 35% vont être transférés au CPAS. Cela va nous aider car il y a beaucoup de boulot en termes d'informatisation des processus au CPAS de Tournai. C'est sur de bons rails."

D'autres diverses sont enfin prévues pour le remplacement de véhicules pour le service des biens et travaux ainsi que l'achat d'outillages (15 000€), le reconditionnement d'un logement d'urgence au Quai Taille-Pierre pour lequel le CPAS a reçu un subside de 60 000€, un audit de fonctionnement de la cuisine centrale pour optimaliser les coûts et d'autres investissements pour les homes et autres institutions gérées par le CPAS.