Tournai-Ath-Mouscron Procureur du Roi de la division de Tournai, Éric Delhaye s’est fait à sa nouvelle fonction.

Il y a un an et demi, Éric Delhaye succédait à Jean-Bernard Cambier au poste de procureur du Roi de la division de Tournai. De nouvelles responsabilités que le Tournaisien a rapidement endossées.

Avec un peu de recul, comment s’est passée votre installation ?

"Je dirai que cela s’est passé simplement parce que j’ai eu la chance d’être bien accueilli dans cette fonction. J’avais déjà d’excellents contacts avec toutes les personnes qui travaillent au palais. Mon but était de ne pas changer aussi bien dans la manière de voir les choses que dans l’approche que je pouvais avoir tout en me disant aussi que je devais faire attention parce que c’était une autre fonction. J’avais en effet d’autres obligations en qualité de procureur de division. Comme je le voulais, j’ai continué à garder un pied dans la section famille-jeunesse qui a pendant longtemps été ma préoccupation."

C’était une manière de ne pas se retrouver totalement dans l’inconnu ?

"Oui puis ce n’était pas évident de tout lâcher. J’ai travaillé dans cette section depuis mon entrée au parquet, cela me tient donc à cœur. Au début, mon prédécesseur m’avait dit que cela me prendrait plus ou moins un tiers de mon temps. C’était une ligne à atteindre et cela n’allait pas être évident."

Il avait raison ?

"Il était un petit peu optimiste mais, comme toujours, il avait raison (rires) ."

Avant votre nomination, on vous disait très proche de vos collègues, c’est toujours le cas ?

"Je suis conscient que la fonction modifie la personne mais justement, le tout est d’éviter que cela soit d’une façon négative. J’ai vraiment essayé d’avoir ce même contact qu’on pouvait avoir dans une petite structure au niveau de la famille-jeunesse et de ne pas changer. J’essaie d’avoir le même rapport avec tout le monde sans faire de différence entre les différentes sections. J’ai la chance d’avoir des personnes qui savent me parler franchement, donc je ne me fais finalement pas de soucis."

Est-ce qu’on ne se rend compte des difficultés de la fonction qu’une fois qu’on l’occupe ?

"Je le crois effectivement. Il faut cependant bien se rendre compte que je ne suis que, et ce n’est pas du tout pour faire humble, procureur de division. J’ai la chance d’avoir un procureur du roi, M. Henry, qui est à l’écoute, disponible, attentif et qui a une sensibilisation de notre région puisqu’il est de Rumes. Il a vraiment voulu qu’il y ait une harmonisation entre les divisions de Tournai et de Mons. C’est un long travail qui est important. À mon niveau, tendre vers cette harmonisation des pratiques est quelque chose qui me préoccupe vraiment afin de pouvoir retirer le meilleur de chaque côté."

Qu’est-ce qui vous a marqué le plus depuis votre installation ?

"C’est l’incompréhension de certaines personnes extérieures au parquet d’instance par rapport aux difficultés que nous rencontrons en termes humains, c’est-à-dire en termes de capacité de travail en nombre de personnes. Notre procureur du Roi en est conscient comme notre président de siège mais quand on monte un petit peu, cette perception disparaît. Il n’y a plus qu’une appréhension de chiffres, de statistiques sans se rendre compte de ce que ça veut dire. Des personnes travaillent dans un bureau sans fenêtre avec des armoires derrière, devant et sur le côté. On trouve ça normal, rien ne se passe."

Vous n’avez jamais été tenté de quitter Tournai ?

"J’ai été avocat pendant un peu plus de vingt ans avant de devenir substitut de complément comme on l’appelait à l’époque. On était alors susceptible d’être envoyé aussi bien à Charleroi qu’à Mons. J’ai finalement eu l’immense chance en termes de vie familiale d’être uniquement affecté à Tournai. C’est sûr que de pouvoir travailler à d’autres endroits vous ouvre aussi l’esprit à d’autres manières de travailler. Travaillant ici à Tournai, j’ai la chance, et c’est pour moi une bouffée d’oxygène, de pouvoir aller chercher ma petite fille à la crèche le mercredi après-midi. Une heure que je peux lui consacrer que je ne pourrais pas faire si je travaillais sur Mons."