Tournai-Ath-Mouscron Les acteurs du monde de la justice s’étaient mobilisés avant les élections.

Le mercredi 20 mars dernier, les acteurs de la justice tournaisienne, comme ailleurs dans le pays, s’étaient mobilisés afin d’interpeller le monde politique via l’action L’État de droit, j’y crois !

"Nous avons pu démontrer la réalité du quotidien. Nous ne voulions pas amadouer ou avoir la pitié du grand public mais il était important de rappeler que nous représentons une fonction au service de la population et montrer les conditions dans lesquelles nous travaillons au quotidien", précise Éric Delhaye. "On n’a jamais entendu de notre part une quelconque revendication salariale. Nous souhaitons une augmentation en termes d’humain."

Il faudra sans doute un certain temps avant de voir un gouvernement se former. Pas de quoi démoraliser le procureur du Roi. "Il ne faut pas être Bisounours mais il faut rester positif", assure-t-il. "On a la chance d’être dans une société démocratique. Des personnes ont été élues, normalement, sur base de leur programme. Durant cette campagne, on a parlé de la justice mais aussi du climat, de la santé, de l’accueil des migrants. Des alliances devront être faites et des choix seront faits. Nous verrons ce qu’il en est pour la justice."

Éric Delhaye n’attend pas de grandes annonces mais une vision claire. "Je peux entendre, par exemple, qu’il n’est pas possible d’avoir un palais de justice à Tournai. Cela me fait hurler mais je peux l’entendre. Je me dis que la personne qui dit cela a fait une analyse pour arriver à ce constat. Il faut que les choses soient clairement dites. On est actuellement dans du non-dit, c’est destructeur." Le procureur du Roi prend un exemple bien concret.

"Avant les élections, on a entendu qu’on allait investir dans la justice. Mais dans quoi ? Dans des locaux, du personnel ? Je ne sais pas. Quand j’entends le ministre sortant dire que s’il continue dans cette fonction, il lui faudra autant d’argent en plus. Pourquoi ne l’a-t-il pas demandé avant ? Ce n’était peut-être pas possible mais il fallait alors le dire !"