La transition écologique est un terme résolument d'actualité. C'est dans ce thème que Loïc Delhuvenne, directeur de l'Eurométropole, fait le lien avec l'équilibre des écosystèmes et les timides, mais encourageantes, réponses apportées par l'Union Européenne.

"Je ne suis pas fataliste mais plutôt engagé. Je ne veux pas regarder la crise en la voyant stoïquement débarquer sans désormais y voir une opportunité de construire un Demain. Il est trop tard pour le réchauffement climatique, trop tard pour la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, trop tard pour la fonte de la calotte glacière, trop tard, trop tard...mais pas trop tard pour envisager les choses autrement ! Mais cela doit nous faire tendre vers une métamorphose de notre attitude à consommer le monde et à vivre en tant qu’entrepreneur d’avenir. On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré, disait Einstein.

Il est temps de se rendre compte des freins, des blocages et d’envisager la transformation au travers de solutions résilientes. L’auteure et agronome Isabelle Delannoy appelle cela l’économie symbiotique. Un concept réunissant les innovations économiques de ces dernières années telles que l’économie circulaire, du partage, sociale et solidaire, bleue… Nos activités ne détruiraient plus les écosystèmes mais les régénéreraient tout en répartissant plus équitablement les richesses. La question de l’équilibre des écosystèmes doit constamment nous interpeler, même au cœur de la relance économique. La disparition d’une espèce de cet écosystème engendre la disparition d’une autre. Or il y a lieu de faire cohabiter tous les vivants.

Jacques Attali, dans son nouveau recueil « L’économie de la vie, se préparer à ce qui vient » évoque une réorientation qu’il est temps de commencer. « Préparer l’avenir c’est réorienter notre économie vers les secteurs de la vie », à savoir intégrer la santé et l’environnement dans les secteurs comme la logistique, l'énergie propre, le crédit, l’assurance, la culture, la sécurité. Or à l’heure où j’écris ces mots, tout est encore à faire. Et l’horloge tourne.

A la mi-septembre, la Commission européenne lancera le très attendu appel à projet d’un milliard d’euros consacré aux priorités du Green Deal, le pacte vert pour l’Europe. Un appel qui mobilisera la recherche et l’innovation au service des citoyens. Ce ne sont pas deux vains mots « recherche » et « innovation » car c’est de cela dont nous allons tous avoir besoin. Relancer une économie en parfait accord avec le climat et la biodiversité. Chaque euro investi devra être un euro créateur d’emploi et teinté de vert. Au-delà de ces intentions louables, il nous faut mettre en place de véritables indicateurs de résultats permettant de mesurer l’impact de ce plan de relance sur l’environnement.

Je crois en notre expertise, en tant que contributeur de la machine européenne et en tant que connaisseur des besoins locaux et régionaux pour mettre en place les actions de ce futur pacte vert. J’entends par là, la mise en place d’une réflexion efficace et d’un accompagnement dans la transition écologique, la mobilité, l’énergie renouvelable, la biodiversité, l’agriculture et l’alimentation. Notre attention devra porter sur le développement des savoir-faire et des compétences dans l’enseignement et la formation. Et enfin, nous devons nous tenir aux côtés de ceux qui ont des solutions misant sur la planète et ses habitants : humains, animaux, végétaux. Un trio indéfectible puisque l’un ne peut vivre sans l’autre. Nous devons lutter contre l’appauvrissement de nos propres relations au vivant.

Nous sommes capables de nous éclairer sur la manière dont il faut à présent agir dans un monde qui se bouscule et se chamboule socialement et économiquement, qui tente de survivre face à un dérèglement climatique devenu désormais notre réalité"