Dernièrement, le député wallon Laurent Agache (Écolo) a interpellé la ministre wallonne Valérie De Bue (MR), notamment en charge de la Sécurité routière, concernant le contrôle technique des véhicules dont les deux-roues motorisés sont actuellement toujours exemptés.

"Pourtant, le 18 décembre 2013, les États membres de l'Union européenne se sont entendus sur une harmonisation du contrôle technique à tous les véhicules, tout en reportant celui des motos et scooters au moins jusqu'en 2022, ce qui n'a pas empêché certains État membres, comme le Luxembourg, de prendre de l'avance et de mettre en place un contrôle technique moto", souligne Laurent Agache.

Effectivement, le Grand-Duché de Luxembourg contrôle les documents légaux, les émissions de CO2 , les phares et ampoules, klaxon, état des pneus, tension de la chaîne, état des freins, etc..

"Les données provenant d'une enquête réalisée par le Conseil international sur le transport propre soulignent que les scooters et les motos, bien que consommant moins de carburant que d'autres véhicules motorisés, polluent plus que les voitures par litre de carburant consommé. Ainsi, à consommation égale, leurs émissions de monoxyde de carbone sont dix fois plus élevées que celles des voitures à essence et vingt fois plus que les voitures diesel. Leurs émissions d'oxydes d'azote sont inférieures à celles de la moyenne des véhicules diesel, mais trois fois plus élevées que la moyenne des voitures à essence."

Le député explique encore qu'il existe des cas, exceptionnels mais véritablement problématiques, où le propriétaire d'un deux-roues trafique son atténuateur sonore d'échappement, appelé db killer, et/ou les filtres avec pour conséquence une pollution sonore et une pollution de l'air accrue. "Le contrôle technique, outre l'aspect de la sécurité routière, pourrait aussi s'attacher à contrôler ces comportements irrespectueux."

Si Laurent Agache se demandait quand la Wallonie mettrait en place ce contrôle technique à destination des deux-roues motorisés, la ministre lui répondait s'être penchée sur la question pratiquement dès son entrée en fonction, fin 2019. "J'ai confié la mission au Conseil supérieur wallon de la sécurité routière d'examiner la situation et de m'établir une recommandation sur l'introduction d'un contrôle technique des motos en Wallonie", assure Valérie De Bue.

On apprend ainsi qu'après examen et concertation entre les différents acteurs, le Conseil supérieur de la sécurité routière, tout comme d'ailleurs les récents États généraux de la sécurité routière, recommandent d'implémenter un contrôle technique, un contrôle d'occasion, c'est-à-dire lors de la revente d'une moto, ainsi qu'un contrôle avant la mise en circulation d’une moto qui a été déclarée comme accidentée.

"Ce contrôle d’occasion s'inscrit dans une démarche d'information objective de l'état de la moto et permet de protéger l'acheteur. Un contrôle technique d’une moto, après un accident ayant touché son intégrité, est assez logique, me semble-t-il. L’objectif est de rendre effectifs ces deux contrôles techniques à partir du 1er janvier 2022 et ces contrôles s'appliqueront aux motos, y compris celles de cylindrées inférieures à cent vingt-cinq centimètres cubes, c'est-à-dire les scooters et les cyclomoteurs."

La mesure sera analysée afin d'envisager, à terme, la pertinence d'implanter un éventuel contrôle période pour ces véhicules.

Le contrôle technique n'aura cependant aucune influence sur la pollution sonore. "Les contrôles de bruit ne relèvent pas de la compétence de la sécurité routière, mais plutôt de la compétence de l'environnement. Il convient, à mon sens, de travailler sur les amendes administratives environnementales. J'ai déjà indiqué à ma collègue, Mme Tellier, ma disponibilité en la matière. Une réunion a d'ailleurs été organisée, à l'initiative de mon cabinet, pour présenter un prototype de radar sonore en cours de conception par une société française", conclut la ministre.