Une visite récente de l’aile C de la prison de Tournai effectuée par le PLANU (planification d’urgence) de Tournai a provoqué une réaction de la part du bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois. Celle-ci a pris la forme d’un courrier envoyé au ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne.

En cause, la surpopulation carcérale au sein de l’établissement pénitentiaire. "Elle est ultra-problématique. En raison de l’état des lieux, de la taille des cellules, de la situation sanitaire actuelle et de l’encadrement des détenus". M. Delannois relève que 221 hommes sont incarcérés quand la capacité maximale est fixée à 205 places. "Le problème principal se situe au niveau de l’aile C, au sein de laquelle résident les détenus en préventive; elle accueille actuellement 103 personnes dans les 57 places prévues, diminuées à 47 vu l’incapacité d’utiliser certaines cellules compte tenu de leur état de détérioration".

Selon le bourgmestre, le nombre de détenus occupant actuellement cette aile "rend quasiment impossible le respect des directives et mesures d’hygiène imposées dans le cadre de la gestion de crise sanitaire Covid 19 du fait de leur promiscuité accrue, augmentant ainsi le risque d’épidémie".

"Des besoins se font encore dans des seaux"

À ce constat de surpopulation carcérale s’ajoutent ceux liés à l’insalubrité au sein de l’établissement datant de 1868, déplore encore Paul-Olivier Delannois.

Une série de problèmes ont été observés et notifiés par la responsable du service PLANU (planification d’urgence) de la ville: infiltrations d’eau récurrentes (certaines cellules sont inutilisables), rupture de canalisation ayant causé l’effondrement d’un plafond, murs gorgés d’humidité, champignons dans des cellules et dans des bureaux occupés par les gardiens, nombreuses douches non fonctionnelles, absence de sanitaires et d’eau courante dans une aile du bâtiment "où les besoins se font encore dans des seaux".

Pour toutes ces raisons, un projet d’arrêté de police visant à limiter la capacité d’accueil de l’aile C a été établi. Le ministre et son administration ont jusqu’au 20 décembre prochain, au plus tard, pour faire valoir leurs observations écrites sur la mesure envisagée. "À défaut d’avoir reçu vos observations éventuelles, nous présumerons que vous ne contestez pas le bien-fondé des faits énoncés et l’arrêté de police sera pris".