Des fouilles ont été récemment entamées sur - ou plutôt sous - le terrain sur lequel s’érigeront les nouveaux bâtiments du Centre Régional Psychiatrique (CRP) Les Marronniers au sein de l’Hôpital Psychiatrique Sécurisé (HPS), ex "Défense sociale". L’objectif étant d’améliorer la prise en charge des patients grâce à l’intensification des soins et à la diminution de leur nombre par unité.

Un projet pour lequel une demande de permis est en cours et qui devrait en principe débuter à la fin du premier semestre 2023.

Ce qui laisse suffisamment de temps à l’AWAP pour mener des investigations archéologiques afin d’en savoir encore davantage sur l’évolution du système défensif dont était dotée la citadelle de Tournai. Sachant que celui-ci a pas mal évolué au fil du temps depuis sa construction en 1667 et jusqu’à son démantèlement un peu après la moitié du XIXesiècle.

Savoir ce qui reste de la période française, ou encore ce que les Hollandais en conservèrent lorsqu’ils construisirent leurs propres défenses, repérer le tracé précis des galeries, répertorier les vestiges, etc., sont quelques-unes des missions auxquelles s’attellent les archéologues.

"Parce que nous disposons d’anciens plans mais aussi parce que nous savons que des galeries, notamment dégagées et remises en lumière par l’ASBL des Amis de la Citadelle, passent sous les Marronniers et sous ce futur chantier (N.D.L.R.: à environ 5 mètres de profondeur), nous nous attendions bien entendu à réaliser des découvertes", nous confie Isabelle Deramaix, archéologue à l’AWAP, "mais nous ne savions pas avec précision où creuser..."

Pour faciliter les investigations (qui devraient durer trois mois), les archéologues réalisent ce qu’ils appellent dans leur jargon des "fenêtres", soit des sondages qui permettent de localiser contrescarpes, murs de garde ou autres demi-lunes.

Il faut dire qu’avec des murs dont l’épaisseur atteint, voire dépasse en certains endroits les 5 mètres, difficile de passer à côté…

Des murs en pierre ou en brique presque neufs...

Les fouilles n’ont débuté que depuis quelques jours, mais elles avancent à pas de géants.Elles ont notamment permis de mettre au jour le début d’un escalier en colimaçon qui devait permettre de rejoindre une galerie souterraine.

"C’est vraisemblablement un ouvrage de la période française mais cela doit encore être analysé et confirmé , explique Alexis Watterman, archéologue à l’ASBL Recherches et prospections archéologiques. Pour l’heure, l’équipe est occupée à le délayer..."

Ce qui surprend quand on se promène sur le site, c’est le remarquable état de conservation des murs.Lesquels sont en pierre quand ils datent de la période française et servent, pour la plupart, de fondations aux reconstructions hollandaises où se mélangent des briques et des pierres à la taille plus soignée.

"Ces ouvrages n’ont en réalité été démolis que jusqu’à un certain niveau (N.D.L.R.: celui du sol en général) e t ensuite recouvert de terre, ce qui a permis de les conserver dans cet état…" , conclut Alexis Watterman. Précisons que la volonté des Marronniers est de préserver ce qui pourra l’être, en adaptant le projet et en prônant des constructions sur pieux.

Les fouilles sont effectuées sous la houlette de l’AWAP (Agence wallonne du patrimoine), avec l’archéologue IsabelleDeramaix, mais sur le terrain, c’est l’ASBL Recherches et prospections archéologiques, représentée par Alexis Watterman, lui-aussi archéologue, qui gère les investigations de terrain.Cette association basée à Wavre, est habituée à travailler en sous-traitance pour l’AWAP dans le cadre de ce type de chantier.