En ce début d’année, une belle et prometteuse aventure démarre pour Jean Begon et Véronique Warnotte. Voici à peine deux mois, ce couple âgé d’une cinquantaine d’années a posé ses valises dans le petit village rural de Gages (Brugelette) en vue d’y pratiquer une agriculture à l’ancienne respectueuse de la nature et du rythme des saisons.

Un fermier du coin, Stéphane Decuyper, s’est montré très réceptif en découvrant leur projet de reconversion bio et il a accepté de leur louer une maison ainsi que des prairies pour leurs chevaux ainsi que des terres à cultiver.

"Suite à des problèmes de santé, j’ai commencé à manger et à me soigner différemment en privilégiant les médecines douces, la sophrologie et les huiles essentielles pour lesquelles j’ai suivi des formations", raconte Véronique, ancienne militaire de carrière.

Avec l’aide de son mari ayant travaillé comme magasinier dans une usine d’acier, notre interlocutrice entend tourner le dos à une certaine forme de modernité et d’industrialisation qui, il faut bien le constater, provoque des effets dévastateurs à la surface de la planète et sur la santé des milliards d’êtres humains qui la peuplent. "Au départ, notre démarche consiste à valoriser la race Irish Cob dont sont issus les sept chevaux irlandais demi-trait que nous possédons et qui seront utilisés pour labourer au cordeau comme autrefois".

Ils banniront les engins mécaniques

Hormis peut-être un motoculteur pour l’entretien des cultures en serre, Véronique et son époux banniront les engins mécaniques et polluants au profit des outils manuels d’autrefois. Exit aussi les engrais chimiques et les pesticides qui seront remplacés par du fumier de poule, des algues ou encore de la bouillie bordelaise. "Notre ambition est de remettre au goût du jour certaines variétés de légumes oubliées tout en plantant une soixantaine d’arbres fruitiers qui serviront à fabriquer des jus, des confitures, de la compote et des coulis".

Dès qu’ils obtiendront la certification bio tant convoitée, ces néo-Gageois commercialiseront leurs produits à la ferme ainsi que sur les marchés ambulants. "Si on ne fait pas marche arrière, on va droit dans le mur. Notre devoir est de sensibiliser les plus jeunes au bon sens et à l’urgence de consommer local".