L’école communale de La Roë a repensé sa cour de récréation pour l’adapter aux besoins de chacun

PÉRUWELZ Une cour de récréation est par définition un lieu où les élèves de tous âges peuvent se défouler, se détendre et s’amuser quelques minutes entre les heures de cours. Les uns y courent pendant que d’autres y jouent au ballon, alors que certains préfèrent simplement s’asseoir sur un banc pour pouvoir discuter ou jouer calmement. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas toujours simple de respecter les envies de jeux ou de calme de chacun.

L’école communale de La Roë a pourtant trouvé un excellent compromis en imaginant une cour de récréation “où il fait bon vivre et se ressourcer, sans agression ni violence”, explique Caroline Gras, de la Maison de la parentalité, qui a aidé l’école à concrétiser cette idée.

Pour limiter l’impression d’insécurité qui règne dans la plupart des cours de récrés, où les élèves se disputent, trébuchent, jouent au ballon sans s’inquiéter des autres, nous avons séparé la cour en trois zones distinctes illustrées par trois fresques différentes ”, détaille notre interlocutrice. “Des lignes de couleur nous ont permis de créer une zone pour les jeux avec ballon au sein de laquelle les élèves peuvent courir, une seconde pour les jeux sans ballon et une troisième, plus calme, sans course ni ballon .”

Après la récréation, l’équipe enseignante a également instauré un temps de parole, qui oscille entre dix et quinze minutes, et qui permet aux enfants de parler de la manière dont ils ont vécu la récréation.

L’objectif est de leur apprendre à gérer et à désamorcer les conflits calmement, par la parole ”, confient les enseignants. “On leur demande si le smiley de bonne ou de mauvaise humeur qu’ils avaient choisi le matin en arrivant en classe, en fonction de leur état d’esprit, est toujours d’actualité ou s’il a changé. S’ils nous disent qu’ils sont tristes alors qu’ils étaient joyeux le matin, on les incite à parler de ce qui n’a pas été .”

Les instituteurs ont ainsi la possibilité de les encourager à ne pas avoir systématiquement recours à la violence et à privilégier autant que possible la communication. Si l’enfant n’a pas trouvé de solution lui-même pendant la récréation, l’instituteur réfléchit avec lui à ce qu’il aurait pu faire ou dire pour apaiser le conflit . Pour que la fois suivante, et tout au long de sa vie, il privilégie l’usage de la parole à celui de ses poings.



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