Tournai-Ath-Mouscron Bertrand Bostaille a lancé le projet Vitrine fraîche. Soit l’exposition des œuvres d’artistes dans des vitrines ou des espaces entiers de cellules commerciales vides.

Bertrand Bostaille est un artiste aux multiples facettes. Le quarantenaire, citoyen de Rumes, a aussi de la suite dans les idées. "J’ai constaté qu’il n’y avait pas assez de lieux pour exposer pour le travail des artistes de la région. J’aurais bien voulu ouvrir ma propre galerie mais cela coûtait trop cher", explique notre interlocuteur. "J’ai également remarqué qu’il y avait malheureusement de plus en plus de cellules commerciales vides dans le centre-ville de Tournai. J’ai donc voulu monter un projet permettant à des artistes d’exposer leur travail dans des cellules commerciales vides de Tournai."

Le projet est très vite devenu réalité. Il a été baptisé : Vitrine fraîche. "En avril 2015, nous avons exposé pour la première fois à la rue de la Triperie. Le bouche-à-oreille a bien marché et des propriétaires de surfaces commerciales vides m’ont contacté pour exposer des artistes derrière la vitrine de leur magasin. Ce la les arrange eux aussi car cela permet de garder leur commerce propre."

Et puis, ils peuvent ainsi éviter la taxe communale sur les surfaces commerciales inoccupées.

Aujourd’hui, Bertrand Bostaille détient, en prêt bien sûr, les clés de plusieurs commerces vides du centre-ville de Tournai, et notamment celles de l’ancien magasin Mexx situé rue de la Cordonnerie, dans le piétonnier. "J’avais rencontré un de ses propriétaires. Il m’a fait confiance et il a vu ce qu’on a fait de sa vitrine. Il en était très content et il m’a dit que je pouvais utiliser tout l’espace pendant une année."

Une première exposition collective a été mise sur pied dans cet ancien commerce, puis une seconde le week-end dernier, avec une vingtaine d’artistes, dont bon nombre sont du coin. Les visiteurs ont également acheté des œuvres.

À chaque fois, l’expo collective a amené quelque 500 personnes à pousser les portes de l’ancien Mexx. Ce qui plait aux voisins commerçants du piétonnier. "Ce projet crée du passage. On passe devant nos commerces et c’est déjà ça. Et puis, c’est toujours mieux qu’une cellule commerciale vide", glisse Christophe Declève, gérant de la librairie Fanfulla.

Le projet de Bertrand Bostaille va d’ailleurs faire des petits. Vitrine fraîche va bientôt être lancé à Dinant, peut-être à Ath.


Du "façadisme" et une nouvelle dynamique

La cité du Cayoteu est à un tournant au niveau de son centre, tant historique que commercial. Les travaux de revitalisation de la Grand-Rue et de la rue Général Freyberg vont donner un nouvel élan le long de ces artères commerciales du centre-ville de Lessines. Car de trop nombreux commerces sont aujourd’hui malheureusement vides. La ville de Lessines est consciente de cette problématique. "Nous menons plusieurs actions pour qu’une nouvelle dynamique s’inscrit dans le centre-ville", explique Line De Mecheleer, échevine du commerce à Lessines. "Mais il est vrai que tout pour le moment est assez dépendant des travaux de la Grand-rue." Pour lutter contre les artères vides, la commune avait envisagé de donner des primes. "C’est toujours d’actualité évidemment. C’est toujours dans nos projets. Cela risque de se concrétiser dès la fin des travaux de la Grand-rue."

En attendant, et pour soutenir les commerces locaux, la commune a créé une asbl de type ADL (Agence de développement local). "Nous n’avons pas reçu les subsides de la Région wallonne mais nous avons tout de même décidé de mettre sur pied cette asbl qui va aider les commerces à s’implanter dans le centre-ville de Lessines. Un coordinateur devrait être nommé début août."

La commune est heureuse aussi de pouvoir compter sur un partenaire de choix : l’association des commerçants de Lessines qui a rajeuni ses cadres et fait preuve d’un joli dynamisme. Et cette association des commerçants offre aussi un petit coup de pouce aux nouveaux commerçants.

"Dès qu’un nouveau commerce s’implante à Lessines, nous allons leur rendre visite pour apporter notre soutien et leur offrir un petit cadeau", explique le président de l’asbl, Jonathan Huwart. "C’est symbolique mais cela montre notre solidarité."

Enfin, la commune a décidé aussi d’habiller deux de ses bâtiments.

"C’est du façadisme", sourit Line De Mecheleer. "Certains bâtiments sont amenés à être détruits à moyen terme. En attendant, nous préférons utiliser les façades pour distiller des informations touristiques. On pourrait envisager de poursuivre dans cette direction."