L’Étoile templeuvoise est une association qui ne compte que sur elle-même et ses amis.

Le thermomètre affiche une température négative dans un épais brouillard givrant. Mais dès 6 heures du matin, les quatorze compagnons de Joël Van Eeckhout sont pourtant à pied d’œuvre sur le parvis de l’église.

"C’est le meilleur moment de la journée pour entamer l’installation des illuminations du village, car dans le noir et avec nos vestes de chantier réfléchissantes, les automobilistes lèvent le pied lorsqu’ils nous aperçoivent", observe, depuis vingt ans, ce professeur d’électricité de l’institut Don Bosco à Tournai.

Pas sans risques.

"À cette heure-là, les premiers usagers de la route nous prennent parfois pour des agents de police", raconte, comme s’il s’en amusait, Alain Thieffry. "Mais au fur et à mesure que le jour pointe, nos voisins français traversent, souvent avec empressement, le village. Rendant la mission de nos bénévoles plus difficile, voire périlleuse. Car certains automobilistes s’agacent de devoir patienter quelques instants", ajoute l’ancien gendarme à la retraite.

Mais au final, ce qui importe c’est l’emballement des Templeuvois, une fois le travail accompli. "Chez nous, depuis plus de quarante ans, la période des fêtes de fin d’année est indissociable de celle des illuminations des rues commerçantes", poursuit Joël Van Eeckhout. "Et pour notre équipe de bénévoles, cette gratitude populaire n’a pas de prix. Si ce n’est celui de la fierté de participer à la mise en valeur du cadre de vie rural."

Et le président de l’association étoilée de renchérir. "C’est un énorme boulot que d’installer plus de deux kilomètres de guirlandes lumineuses dans les rues et d’arrimer l’étoile au sommet de l’église. Mais une fois le boulot achevé, nous pouvons revendiquer d’être le plus beau village de Noël du Tournaisis", conclut Frédéric Buret.

Pour permettre au village de briller de mille feux durant près d’un mois, l’Étoile templeuvoise doit réunir, chaque année, un budget de 3 000 euros. "Par le passé, nous avions besoin de 2 000 ampoules électriques. Aujourd’hui, nous n’en utilisons plus que 300, vu que nous remplaçons progressivement, depuis cinq ans, nos anciennes guirlandes par un éclairage Led plus économique et écologique", comptabilise le trésorier Joël Van Eeckhout.

"Chaque année, nous recevons aussi l’aide bénévole des pompiers et de la grande échelle pour hisser l’étoile géante au faîte de l’église. Car les hommes du feu de la zone de secours de Wallonie picarde profitent de l’occasion pour réaliser un exercice d’intervention", rappelle, avec reconnaissance, le président Frédéric Buret.

À votre bon cœur

"Pour le reste, nous comptons sur la générosité des commerçants templeuvois et de nombreux habitants du village", insiste le trésorier.

"Nous les invitons d’ailleurs tous, le samedi 14 décembre, en soirée, ou le lendemain, à l’heure de l’apéro. Pour partager, sur le parvis de l’église, un chocolat chaud, une soupe à l’oignon ou un morceau de tartiflette avec une bonne bière de la brasserie de Cazeau" , harangue Joël Van Eeckhout, au moment même où le brasseur vient apporter un petit réconfort à l’équipe des bénévoles de l’Étoile templeuvoise. À Templeuve, la magie de la fête opère déjà !