Jean-François Letulle, échevin de la Mobilité, serait-il en réalité l'échevin des Vélos ? C'est en réalité ce que se demandait le conseiller MR Guillaume Sanders. Ce dernier a ainsi dernièrement interpellé l'échevin Écolo au sujet de sa politique en matière de mobilité.

"Depuis le début de cette mandature, on a fait beaucoup pour les usagers dits faibles. Je ne vais absolument pas blâmer cela, je suis très souvent l'un d'entre eux, assure le conseiller de l'opposition. Par contre, il est aussi primordial de prendre en compte les usagers importants en nombre, les automobilistes. Ils n'ont été et ne seront certainement pas au centre des préoccupations."

Sans être exhaustif, Guillaume Sanders a cité la suppression de l'accès au centre-ville par le Pont des Trous, la limitation à une bande d'un côté au pont Delwart, la suppression de bon nombre de places de parking ou encore la limitation stricte de la circulation sur les boulevards proches de la gare. Il a alors rappelé à Jean-François Letulle qu'il n'avait pas été nommé échevin des Vélos mais bien de la Mobilité et, donc, de tous les usagers, tout en lui demandant ce qu'il comptait mettre en place durant le reste de son mandat pour faciliter les déplacements des usagers les plus importants en nombre.

L'échevin de la Mobilité a dans un premier temps assuré qu'il acceptait pleinement le qualificatif d'échevin des Vélos. "Mais, bien évidemment, en dépassant l'ironie, et en apportant du sens au cliché utilisé."

Plus sérieusement, Jean-François Letulle explique qu'au plus une politique alternative est efficace, au plus elle profitera aux automobilistes. "En d'autres mots, si les 10% de cyclistes passent demain à 20%, ça fera tout naturellement moins de voitures sur la route. Ce Collège communal a également fait de la mobilité active une fameuse priorité en dégageant, et c'est historique, des budgets annuels de plus d'un million d'euros et en étant extrêmement proactif dans la recherche de subsidiation. Nous maintenons le cap fixé de rattraper vingt ans de retard en dix ans."

L'échevin explique enfin tenter de diminuer le nombre d'automobiliste pour le plus grand confort de ceux qui feront le choix de garder ce mode de déplacement comme leur unique alternative. "Mais aussi pour favoriser la santé, l'économie, la sécurité et le bien-être de tous les autres, tout en prenant notre part de responsabilité sociale !"

Des réponses qui n'ont pas vraiment convaincu Guillaume Sanders. "On ne fait pas de la mobilité les uns contre les autres mais les uns avec les autres. Ce n'est pas en chassant la voiture de Tournai qu'on réussira une bonne politique de mobilité et à redynamiser le centre-ville, en le rendant davantage attractif. Je veux vivre dans une ville agréable et pratique pour tous."