De jour en jour, la situation ne cesse de s'aggraver au sein des différents hôpitaux du pays. Le Centre Hospitalier de Wallonie picarde n'échappe malheureusement pas à la règle. En une semaine de temps, le nombre de patients Covid hospitalisés a ainsi triplé...

En effet, ce mardi matin, on comptait neuf patients positifs en réanimation ainsi qu'un patient suspect et, au niveau des unités Covid-19, on en retrouve 65 autres en hospitalisations classiques. Soit plus d'une septantaine de cas.

La situation se complique de plus en plus pour le personnel médical comme l'explique Stéphanie Rogge, coordinatrice médicale. "Le troisième service, qui a été ouvert hier à 16h, se remplit vite. Cela impacte forcément nos équipes car la prise en charge de ces patients demande énormément de ressources infirmières puisque ce sont des chambres d'isolement et l'état de ces patients peut évoluer très rapidement. Il faut donc faire preuve d'énormément de vigilance. Nos équipes sont extrêmement inquiètes face à ce qu'elles rencontrent à ce stade. Dès qu'on ouvre un nouveau service Covid, il se remplit directement." 

En plus de l'inquiétude et de la fatigue s'ajoute les contaminations au sein même du personnel. "Ces contaminations surviennent dans leur vie privée et pas au sein de l'hôpital, souligne Stéphanie Rogge. On a déjà quatre services qui ne font plus leur spécialité d'origine et qui ont déjà été reconverties parce qu'il faut récupérer des effectifs pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions..."

Cette deuxième vague est d'ailleurs mal vécue par le personnel qui a déjà beaucoup donné lors de la précédente. "Par rapport à la première vague, on a tous des masques, on a tous du gel hydroalcoolique et, malgré tout, on doit faire face à cette augmentation de l'épidémie. C'est très difficile à vivre pour le personnel qui a l'impression d'être victime de la négligence dans le comportement de la société."

L'âge des patients hospitalisés est quant à lui assez varié comme l'explique la Dr Florence Hut, Directrice Médicale du CHwapi. "On a des personnes âgées mais également des plus jeunes. Un adolescent vient par exemple d'être hospitalisé, il présente une atteinte assez importante. Le Covid circule beaucoup autour de nous. Contrairement à la première vague, on en connaît tous. La circulation est importante."

Le traitement a quant à lui significativement changé par rapport à la première vague. "On a beaucoup plus de frottis à disposition où nous avons le diagnostic en deux heures. Ensuite, les recommandations ne sont plus autour de la chloroquine mais de la dexaméthasone. On a l'impression chez certains patients, s'ils peuvent passer la phase critique qui survient après dix à douze jours, ils vont plus vite mieux. Enfin, les conditions de ventilation artificielle ont également été revues. Par rapport à la première vague, on a des systèmes d'aide de respiration chez les patients qui ne doivent plus être systématiquement intubés. Ce qu'on appelle des ventilations non-invasives. Cela permet aussi de moins engorger les soins intensifs."

Si les patients restent dorénavant moins longtemps à l'hôpital, les hôpitaux comptent cependant plus d'entrées que de sorties... "Cela s'est accéléré fortement en une dizaine de jours. Le personnel est extrêmement sollicité." D'autant plus que, pour l'instant, le reste des activités est maintenu au sein du CHwapi. "On essaie de les maintenir mais si l'afflux continue cette semaine, cela ne sera plus possible. En plus d'un problème de ressources, nous pourrions connaître un problème de lits."