La ministre fédérale Marghem et le mayeur de Tournai Delannois livrent leur point de vue sur la problématique des transmigrants en cette période de crise sanitaire.

La situation des transmigrants est plus que problématique en cette période de crise sanitaire. Paul-Olivier Delannois, bourgmestre de Tournai, a d’ailleurs tenté de trouver une solution avec le gouvernement fédéral. Vainement puisque ce mardi, on apprenait que les centres fermés du pays avaient libéré les personnes en séjour illégal ayant un ordre de quitter le territoire.

Pour le bourgmestre, "le gouvernement a lâché ces gens dans la nature !" La ministre et cheffe de groupe MR au conseil communal de la cité des Cinq Clochers Marie-Christine Marghem a souhaité réagir à ces propos.

"M. Delannois renvoie la balle à Maggie De Block et demande que des structures soient mises en place par le fédéral. Seulement, M. Delannois semble ignorer la gravité de la situation. Les services de la Santé publique, comme ceux de l’Intérieur, font face à la pire crise sanitaire de notre histoire. L’Office des étrangers est complètement débordé et la police fédérale doit surveiller la fermeture de nos frontières pour les déplacements non essentiels."

Réquisitionner un hôtel ?

La ministre ajoute encore que les expulsions du territoire sont actuellement suspendues.

"Monsieur Delannois ne comprend-il pas le principe de subsidiarité entre les pouvoirs ? Pourquoi dès lors, Monsieur Delannois ne prend-il pas ses responsabilités en réquisitionnant un hôtel pour accueillir les transmigrants en collaboration avec le CPAS ? Comme le bourgmestre de Forest, Monsieur Stéphane Roberti, l’a fait pour les sans-abri ? Ou comme Monsieur Philippe Close avec le parking Albertine à Bruxelles ?"

Le bourgmestre a évidemment réagi face à ces propos. Il explique ainsi être en contact avec les associations sociales.

"J’ai rencontré ce mardi le directeur du réseau social urbain, la présidente du CPAS, le commandant des pompiers et le directeur général ff de Tournai. On m’a confirmé que les demandes pour les abris de nuit étaient remplies et que personne n’avait été refoulé. On essaye d’anticiper une solution dans l’hypothèse où quelqu’un serait suspecté de coronavirus afin de trouver d’autres structures pour les confiner."

Deux problèmes différents

Paul-Olivier Delannois nous explique également avoir rencontré la directrice de la Croix-Rouge qui gère la caserne Saint-Jean. Là aussi, les directives concernant la distanciation sociale sont ainsi suivies. "Nous restons en contact permanent pour gérer les problèmes qui pourraient survenir."

Il différencie enfin la caserne Saint-Jean et la problématique des transmigrants. "Pour rappel donc, un transmigrant, à l’heure actuelle, ne peut aller à Saint-Jean. Un transmigrant est, par définition, en situation illégale. Quand la police se tourne vers l’Office des étrangers, celui-ci délivre systématiquement un ordre de quitter le territoire, ce qui équivaut à lui dire ‘je vous ouvre les portes du commissariat, vous devez retourner chez vous’. Il n’est pas rare que la police soit en contact avec des transmigrants ayant plusieurs ordres de quitter le territoire."

Ouvrir un centre pour accueillir des personnes qui ont un ordre de quitter le territoire est pour le bourgmestre contraire à la loi. "Comment devrait se comporter la police sachant qu’à tel endroit se retrouvent des personnes en situation illégale ?"

Une solution à trouver d’urgence

Paul-Olivier Delannois pousse son raisonnement un peu plus loin en se demandant où est la logique de l’Office des étrangers, sous la coupe du gouvernement fédéral, qui a ouvert les portes du centre fermé de Steenokkerzeel.

"Ces personnes, qui veulent aller en Angleterre, risquent donc de se retrouver de passage à Tournai…"

Le bourgmestre assure que le fédéral a les cartes en main. "Le gouvernement, dont fait encore partie, semble-t-il, M me Marghem, dispose de pouvoirs spéciaux. Il leur est donc possible d’imposer légalement des directives. Il me semble donc urgent que le fédéral trouve une solution pour toutes ces personnes qui sont d’abord des victimes de trafiquants d’êtres humains. Urgent pour des raisons humanitaires et sanitaires pour le bien de tous."

M. Del.