Tournai-Ath-Mouscron La collaboration avec les autorités politiques du Val de l’Escaut tend vers la maturité.

Le Val de l’Escaut fait partie de la catégorie des zones de police dites pluricommunales, dont le territoire s’étend sur plusieurs communes. Là où la zone de Mouscron, monocommunale, doit composer avec un seul interlocuteur en face d’elle, Dominique Debrauwere doit "convaincre quatre interlocuteurs" .

"La relation est différente", confesse-t-il. De plus, les quatre bourgmestres ne partagent pas le même pavillon, entre un élu MR (Jean-Pierre Bourdeaud’huy à Mont-de-l’Enclus), un Ecolo (Aurélien Brabant à Pecq) et deux socialistes (Daniel Senesael pour Estaimpuis et Yves Willaert à Celles).

"Je trouve qu’il y a un bon équilibre, continue le chef de corps. On a affaire à des gens qui arrivent à trouver des terrains d’entente. C’est important car on doit être capable de mettre tous les sujets sur la table. De plus en plus, notre organisation atteint une maturité."

Les dernières élections communales n’ayant pas totalement chamboulé le collège de police, puisque trois des quatre bourgmestres ont rempilé, il y règne une certaine "continuité" . Néanmoins, certains messages passent encore parfois difficilement. "Il y a des sujets plus compliqués." Exemple tiré de la dramatique actualité d’il y a un mois, lorsqu’un coureur cycliste a trouvé la mort suite à un accident sur le tracé du Grand Prix Alfred Gadenne. Les zones de police du Val de l’Escaut et du Tournaisis, notamment, collaboraient sur le terrain.

"Lors du dernier collège, j’ai remis le sujet de l’organisation des courses cyclistes sur la table. Un accident, c’est toujours la conjugaison de petits éléments. Lors de l’organisation d’un événement, le fonctionnaire de planification doit juger s’il est nécessaire de faire appel à un appui technique de la zone de secours et/ou de la police. Ce n’est pas un obstacle, mais c’est pour aider à réduire ce genre de risques. On analyse, et parfois on va demander à l’organisateur de s’adapter. Ce sont des mécanismes qu’il reste à huiler."

Les autorités politiques ont déjà pu voir la mécanique de fonctionnement des services de police se mettre en ordre de marche. Ce qui a également favorisé la confiance et la relation entre le chef de corps et les bourgmestres.

"On travaille 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Même au milieu de la nuit, quelqu’un va venir", rappelle le commissaire divisionnaire.

L’argent, c’est le nerf de la guerre

"C’est comme à la maison : l’argent, c’est le nerf de la guerre." L’un des objectifs du chef de corps pour les années à venir est de maintenir l’effort financier consenti par les communes depuis son arrivée.

"La structure de la zone de police a évolué, détaille Dominique Debrauwere. La population a crû. On a développé des zonings industriels et commerciaux, on est en train de construire un port fluvial à Pecq, on a construit des parcs d’éoliennes, etc." En clair : les risques ont augmenté, mais les moyens mis à disposition n’ont pas suivi la même courbe.

"Il y a une augmentation graduelle de la charge de travail, et il faut continuer à développer une vision qui tend à faire correspondre les moyens de la zone avec les évolutions des différentes activités."

Si le chef de corps continue de trouver une oreille attentive de la part des pouvoirs politiques, la situation devrait continuer à aller dans le bon sens. Même si la tendance actuelle est au report de certaines charges de la police fédérale dans les zones de police, et que le poids à assumer risque encore d’augmenter.