Des villes moyennes, deux parcs naturels, vingt-trois communes et 350 000 habitants environ : c’est ça, la Wallonie picarde. Une appellation qui a succédé, début des années 2000, à "Hainaut occidental".

Créé en 2006, le conseil de développement a initié un voyage dont la nouvelle échéance est 2040 puisque le premier cap fixé, 2025, arrive à grands pas, toujours avec la volonté de continuer à affirmer une véritable identité commune sous la forme d’un nouveau projet de territoire.

La démarche a démarré en 2021 et cette toute nouvelle version du plan stratégique de développement territorial de la Wallonie picarde est le fruit de deux volets : un travail académique mené par l’UMons à la suite d’un appel à projets, et une consultation citoyenne encadrée par la Fondation rurale de Wallonie. Les acteurs du territoire, société civile comme élus, ont fourni leur vision et leurs idées pour alimenter ce projet de territoire qui a été présenté depuis la Ferme de Bouchegnies à Wasmes-AB.

"Ce projet, c’est le fruit d’une collectivité, a assuré Rudy Demotte, qui aura été à la tête du conseil de développement pendant 15 ans. De ce territoire parfois hétéroclite, on a dégagé une trame commune."

Le conseil a mené ou appuyé des projets comme le développement des soins de santé et l’arrivée d’un PET-scan, l’accès aux dispositifs d’alphabétisation, l’émergence de centres d’affaires, la création de Culture.Wapi, la coupole Entreprendre.Wapi, le soutien aux métiers du numérique, des projets de transition énergétique comme Wap’isol, la mobilité verte, les infrastructures de covoiturage, le Ramdam Festival, les circuits de randonnée et les randonnées vélos ou encore le renforcement de pôles patrimoniaux et touristiques comme l’hôpital Notre-Dame à la Rose.

Sur le bon chemin

Autre projet emblématique : un Arbre pour la Wapi, avec pour objectif la plantation de 350 000 arbres. "Nous en sommes déjà à plus de 200 000. On est sur le bon chemin", a indiqué Toni Da Costa, coordinateur de Wapi 2040.

Le projet de territoire 2040 s’articule autour de six axes prioritaires et de 25 objectifs stratégiques qui sont le réceptacle de fiches-projets brassant de nombreuses thématiques : énergie, mobilité, économie, emploi, tourisme, culture.

Difficile de détailler toutes ces fiches mais parmi les projets à mener ou déjà bien avancés, on notera en matière de mobilité et de transports la volonté de mieux connecter les huit villes que sont Tournai, Ath, Enghien, Leuze, Lessines, Péruwelz, Mouscron et Comines en favorisant un réseau de mobipôles, autrement dit des sites vers lesquels convergent une multitude d’offres et d’infrastructures de mobilité. Le souhait de créer une Centrale locale de mobilité disposant d’un call-center local va dans ce sens.

"En matière de consommation, nous visons la création d’un Conseil de politique alimentaire de Wapi afin de promouvoir les circuits courts, a précisé Toni Da Costa. Nous soutenons aussi la création d’un nouveau palais de justice."

Une coprésidence mixte

Fin 2021, Rudy Demotte avait fait le choix de céder son mandat de président du conseil de développement. Philippe Luyten avait été chargé de lui succéder temporairement jusqu’au renouvellement des instances qui se profile.

La séance d’installation de la mandature 2022-2024 aura lieu le 13 juin. "Le bureau du Conseil de développement a décidé d’une co-présidence mixte , explique Toni Da Costa. Le collège présidentiel sera composé de deux représentants de la société civile et de deux représentants du collège politique. Nous sommes en train de procéder aux élections pour désigner ce collège. Les deux représentants de la société civile ont déjà été élus. Il s’agit de Corinne Billouez, directrice générale de la Fondation rurale de Wallonie et de Johakim Chajia, directeur de la maison de jeunes Masure 14 à Tournai et fondateur du collectif Les jeunes donnent de la Voix. L’élection des représentants du collège politique se tiendra le jeudi 9 juin."