Tournai-Ath-Mouscron Philippe Duvivier, président de la Fugea, dénonce un fameux paradoxe.

La Fugea, Fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs, sera plus que jamais présente au Salon de l’autonomie fourragère qui débutera à 9 h 30 à Thieulain le 17 septembre. Ce syndicat agricole représentant des agriculteurs répartis sur toute la Wallonie compte près de 1 800 membres.

"Nous voulons les aider à développer l’autonomie de leur ferme. En région flamande, on privilégie une agriculture industrialisée en lien avec le secteur agroalimentaire" , assure Philippe Duvivier, président de la Fugea. " Nous, ici, nous sommes avant tout soucieux de l’environnement et à l’écoute des consommateurs. La base de la ration, c’est tout de même l’herbe, non ?"

La Fugea se bat aussi contre les traités de libre-échange tels que le Ceta (Canada) et le Mercosur (pays d’Amérique du Sud). Philippe Duvivier appuie sur le champignon. "Dire oui au Mercosur, c’est favoriser l’importation de viande produite par un système agro-industriel basé sur le soja" , dit-il. "Or, le soja est une culture intensive gourmande en eau et en produits phyto et 77 % de sa production mondiale, il y a dix ans, était d’origine génétiquement modifiée. Signer le Mercosur revient à soutenir le modèle agro-industriel brésilien en partie responsable de la situation actuelle en Amazonie."

Le président de la Fugea signale au passage que l’Union européenne est le deuxième importateur mondial de soja avec 33 millions de tonnes chaque année. Il met en exergue un fameux paradoxe.

"On ne peut pas, d’une part, dénoncer les importations de viande du système agro-industriel des pays du Mercosur et, d’autre part, continuer à importer du soja produit dans ces mêmes régions et source de déforestation pour nourrir nos animaux" , argumente Philippe Duvivier. "Entre 2013 et 2017, la Belgique importait environ 2,3 millions de tonnes de soja par an, mais un tiers seulement est consommé en Belgique pour l’alimentation de nos élevages alors que le reste est réexporté entre autres sous forme d’aliments pour le bétail d’autres pays. Avec des marges, bien entendu."