Ce vendredi, la conférence des bourgmestres et élus territoriaux de Wallonie picarde, emmenée par son président Jean-Luc Crucke, s’est réunie par vidéoconférence avec au centre des discussions la gestion de la situation sanitaire et plus particulièrement l’accompagnement des exilés en transit.

Les derniers mois ont vu éclore, dans les différentes communes de Wallonie picarde, une série d’initiatives solidaires et innovantes pour faire face aux effets dramatiques de la crise sanitaire. Alors que cette crise se prolonge, les bourgmestres et élus territoriaux souhaitent poursuivre la démarche collective en analysant conjointement les réponses apportées et leur impact pour en tirer les grands enseignements et, surtout, améliorer les décisions qu’ils seraient appelés à prendre à l’avenir.

L’ensemble des acteurs du territoire seront contactés afin de recueillir leur vécu et leur manière de gérer la crise afin d’aboutir à la rédaction d’un rapport de synthèse.

Accompagnement des exilés en transit

En mars dernier, en pleine crise sanitaire et face à l’urgence de la situation tant d’un point de vue humain que médical, les élus de Wallonie picarde s’étaient déjà mobilisés, via la commission Accompagnement des exilés en transit mise en place à leur initiative fin 2019, pour assurer une prise en charge adéquate des migrants en transit. Dans les faits, cela s’était traduit, d’une part, par l’ouverture de plusieurs lieux d’accueil provisoires pour l’hébergement de migrants ne présentant pas de symptômes et, d’autre part, la mise en place d’un espace d’accueil des malades géré par la Croix-Rouge.

Si les différentes actions ont pris fin avec le déconfinement, les besoins, relayés par les associations actives sur le territoire (la Plateforme pour l’Interculturalité à Tournai, la Plateforme citoyenne et la Croix-Rouge), sont toujours bien présents. Une réalité que ne peuvent et ne veulent ignorer les élus qui ont décidé de remettre le sujet sur la table pour tenter d’apporter des réponses adéquates et durables eu égard à la situation sanitaire actuelle.

Au terme des échanges nourris, la conférence des bourgmestres et élus territoriaux de Wallonie picarde acte l’accord suivant.

L’implantation d’un lieu d’accompagnement de jour destiné aux exilés en transit qui pourront avoir accès à des repas, des sanitaires, des aides de différents types ainsi qu’à toutes les informations sur les démarches à effectuer dans le cadre de l’introduction d’une demande d’asile en Belgique. Eu égard à la contribution déjà importante des villes de Mouscron et Tournai en matière d’accueil de migrants, il est convenu que la structure implantée le sera à un autre endroit du territoire qui reste, à ce jour, encore à déterminer.

En parallèle de cette solution structurelle, l’arrivée imminente de l’hiver et le prolongement de la crise sanitaire et du risque de propagation de la pandémie rendent nécessaire la mise en place de lieux d’hébergement d’urgence de petite capacité (+/- 10 personnes) durant les week-ends et ce jusqu’à avril 2021. A ce stade, plusieurs communes marquent d’ores et déjà leur accord de principe sur l’accueil d’une telle structure sur leur territoire. Les collèges communaux des 23 communes du territoire sont invités à se positionner sur la possibilité d’octroyer un soutien financier à cette démarche sur base d’une contribution à hauteur de dix cents par habitant.

Enfin, la conférence des bourgmestres et élus territoriaux sollicitera les autorités fédérales et régionales pour l’octroi de moyens financiers devant leur permettre d’exercer correctement et efficacement leurs responsabilités dans le respect de la dignité humaine. A cette fin, la commission Accompagnement des exilés en transit organisera très prochainement une rencontre avec les cabinets des ministres compétents, à savoir la ministre de l’Action sociale en Région wallonne, Christie Morreale et le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi.

Le projet « Boucle du Hainaut »

Depuis plusieurs semaines maintenant, le projet du gestionnaire de réseau Elia consistant en une nouvelle liaison électrique aérienne haute tension déchaine les passions en Wallonie picarde, plus particulièrement dans les sept communes impactées par le tracé (Ath, Brugelette, Celles, Chièvres, Frasnes, Leuze et Mont-de-l’Enclus). En la matière, les participants souhaitent adopter un positionnement concerté à l’échelle des 23 communes du territoire. Dans cette perspective, il est décidé d’inscrire le point à l’ordre du jour du prochain bureau de la conférence des bourgmestres et élus territoriaux auquel seront également conviés l’intercommunale Ideta, un représentant des parlementaires et un représentant des bourgmestres du territoire.