Les champions du monde ont retrouvé les sommets européens en Turquie

ISTANBUL C'était pronostiqué, annoncé, et cela s'est réalisé. Sans surprise, la Yougoslavie a succédé à l'Italie en remportant son huitième titre européen, le troisième depuis l'éclatement du pays, dimanche à Istanbul.
Le succès a été difficile à obtenir en finale devant la Turquie (78-69). Les Yougoslaves ont fini par s'imposer car ils disposent d'un meilleur collectif, de plus de talent, d'une meilleure défense, d'un banc plus riche et d'un joueur hors du commun en la personne de Predrag Stojakovic, élu MVP du tournoi.
La Yougoslavie, médaillée de bronze en 1999 en France, a pris une belle revanche sur les JO de Sydney. Malgré une génération exceptionnelle, elle n'avait fini qu'à la sixième place. Il s'agissait pour elle d'une très grande déception que la couronne européenne, amplement méritée, atténue énormément.
Les Turcs peuvent, eux, être satisfaits. Devant leur public, ils ont réussi une performance de premier choix avec leur deuxième place. Ils avaient fait l'union sacrée, voulaient relancer leur sport. Ils ont atteint leurs objectifs. Ils ont de surcroît décroché leur première qualification de l'histoire pour un Mondial, à Indianapolis en 2002.
L'Espagne, troisième équipe sur le podium, se pose comme celle de l'avenir. Avec quatre Pibe de oro, champion du monde juniors en 1999, elle peut voir l'avenir en forme de médaille puisque, déjà maintenant, Pau Gasol et ses copains ne sont pas passés loin de dominer la compétition.De l'Allemagne, quatrième (Nowitski), à la Yougoslavie (Stojakovic), en passant par la Turquie (Turkoglu) ou la Russie cinquième (Kirilenko) et l'Espagne (Gasol), force est de constater que toutes les formations qui ont réussi leur parcours ont pu compter sur un joueur capable de garder les clefs de la maison.

C'est sûrement ce qui a manqué à la France. Les vice-champions olympiques, privés d'Antoine Rigaudeau, ont été l'une des grandes déceptions de cette épreuve (6es).Ils n'iront pas au Mondial et surtout n'ont jamais joué sur leur véritable valeur basée sur le collectif.
Les autres principales déceptions ont pour noms l'Italie et la Lituanie qui ont totalement manqué leur rendez-vous, ne parvenant pas à passer les barrages. C'est inquiétant car il semble qu'elles ne disposent pas d'une génération susceptible de prendre la relève.
Les autres regrets portent essentiellement sur la Grèce et la Slovénie. La Lettonie, huitième, a en revanche surpris, alors que l'Ukraine, l'Estonie et la Bosnie-Herzégovine ont manqué de puissance pour se mêler à la lutte entre les gros.
Enfin, il faut constater que les joueurs de NBA ont brillé de mille feux. Cela prouve que le Vieux Continent forme de plus en plus de grands joueurs.
L'idéal serait qu'au prochain rendez-vous européen en Suède en 2003, tous ces Ricains soient là. Mais la NBA est un royaume et l'Europe n'est que son vassal. Or ce que roi veut...