Bozzi: le Guy Roux de la Coupole

Basket

David Lehaire

Publié le

Bozzi: le <i>Guy Roux</i> de la Coupole
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Dimanche à l'occasion de la SuperCoupe, Giovanni Bozzi entamera sa onzième campagneà la tête des Spirou

CHARLEROI Dimanche, Charleroi retrouvera Ostende pour un grand classique de la compétition belge. Les deux équipes ouvriront officiellement la saison à l'occasion de la finale de la SuperCoupe, programmée à Knokke.
Cette saison sera déjà la onzième d'affilée de Giovanni Bozzi à la tête des Spirou. Un bail renforcé par les trois années que le Liégeois passa sur le banc de Pepinster à ses débuts dans le coaching. L'entraîneur fait, donc, partie du paysage belge. Il en est même l'une des figures de proue et l'un des mentors les plus titrés.
A 38 ans, soit à l'âge où d'aucuns passent seulement du parquet au banc, il peut s'enorgueillir du gain de quatre titres de champions de Belgique et de deux coupes nationales. Aujourd'hui, pourtant, Giovanni Bozzi repart en croisade. Son but: redécrocher des lauriers nationaux dont il est privé depuis deux ans et faire tomber, du même coup, son éternel rival ostendais.
Ce, avec un tout nouvel effectif. `J'avoue être empreint d'un enthousiasme de jeune premier. Renouveler les cadres était indispensable à mes yeux. Il fallait donner un souffle nouveau à ce groupe. Même s'il est encore tôt pour dresser un bilan, je crois pouvoir dire que l'atmosphère qui règne, pour le moment, au sein du groupe est phénoménale. Les joueurs qui nous ont rejoints ont envie de gagner. Mieux: ils sont habités d'une grosse envie de travailler. J'en suis ravi.´
Ravi, le citoyen de Waremme l'est aussi des relations privilégiées qui le lie à Eric Somme, son président. `Ma longévité peut surprendre. Il est certain qu'elle me procure une grande fierté. Quand j'ai débarqué à Charleroi, je ne m'attendais pas à y faire un si long séjour. Une aussi longue présence à un poste comme celui de coach n'est possible que dans un club où il n'y a pas trente dirigeants. A Auxerre, Guy Roux ne doit pas non plus traiter avec une dizaine de personnes avant de prendre une décision. Dès que le président et le coach sont sur la même longueur d'ondes, tout est plus facile.´
Reste qu'après deux lustres passés dans le même apparat, la pression est aussi à l'avenant. Giovanni Bozzi le sait. Et il ne s'en plaint pas.
`Il est sûr que l'équipe construite doit être compétitive. Voilà deux ans que nous courons derrière le titre. Il est, donc, logique que l'on veuille s'en emparer de nouveau. Maintenant, cela dépend de tellement de choses´ Comme de l'alchimie indispensable pour être performant. Ce dont les Spirou ne furent pas toujours détenteurs l'an passé. A certains moments, certains d'entre eux se demandèrent si le discours du coach correspondait encore à leur conception des choses. L'intéressé ne s'en offusque pas pour autant.
`Hormis en quelques rares occasions, je n'ai jamais eu l'impression que mon discours ne passait pas. La saison que nous avons signée fut conforme à la qualité de l'équipe et aux circonstances qui la desservirent trop souvent. En EuroLigue, nous avons dû nous passer des services de Daniel Goethals et de Lenny Brown pendant de trop nombreuses rencontres. Qui plus est, nous étions versés dans la poule la plus relevée de toutes, comme en témoigne la présence de trois de nos adversaires directs en demi-finales. Quant au championnat, nous ne sommes tombés que contre un adversaire plus fort. Ostende nous était supérieure à chaque poste. De la sorte, il était logique que les Flandriens raflent la mise. Cela dit, mon but, outre celui d'être champion de Belgique, est d'assurer la pérennité du club. Que ce soit avec ou sans moi, j'aurai une grosse satisfaction si Charleroi figure encore dans le Top 2 belge dans cinq ans. Je saurai que j'y aurai été pour quelque chose. J'aurai une énorme pression sur les épaules cette saison? C'est vrai, je dois façonner un groupe homogène à partir d'une somme de grosses individualités. C'est un challenge d'autant plus excitant que je sens que les joueurs ont envie de la même chose. Jim Potter, par exemple, a parfaitement conscience que je ne lui demanderai pas d'inscrire vingt-cinq points par match. En outre, Jacques Stas et David Desy n'ont plus été en aussi bonne forme physique depuis longtemps. Oui, vraiment, je suis rempli d'enthousiasme.´

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