Après une deuxième mi-temps indigne du standing d’une équipe du Spirou à Limburg vendredi, on attendait une réaction dans le chef des joueurs de Sam Rotsaert. Mais à la vue du premier quart ce dimanche, on pouvait craindre le pire.

Les Carolos étaient incapables d’arrêter Vrenz Bleijenbergh qui enchaînait les gros shoots à trois points (16 points en 10 minutes) pour déjà mettre les Giants sur du velours après dix minutes (14-27). "On n’a vraiment pas été bon au premier quart", constatait le coach sambrien.

Et vu la dynamique actuelle, on se dirigeait vers une "casquette". L’écart grimpait jusqu’à près de 20 points (32-51) avant qu’Alex Libert n’allège l’addition avec deux bombes juste avant de rejoindre les vestiaires (38-51). Deux shoots pas du tout anecdotiques car ils redonnaient confiance aux joueurs de Sam Rotsaert qui remontaient sur le parquet comme des morts de faim. En délicatesse avec son jeu depuis quelques matchs, Sergio Llorente retrouvait sa vista alors que Yoeri Schoepen se remémorait à ses bons souvenirs anversois en plantant cinq bombes sur la tête de ses anciens équipiers. Et soudainement, il y avait à nouveau match (51-54). "Charleroi a augmenté son intensité défensive et au lieu de faire circuler la balle, on a forcé notre jeu. Ils ont eu un gros pourcentage à trois points et de notre côté, on a fait trop d’erreurs en laissant Schoepen seul et trop de liberté à Libert", regrettait Christophe Beghin, le coach des Giants.

Plus costauds, les Anversois repartaient néanmoins de plus belle pour reprendre 16 unités d’avance (54-70) mais une fois encore, les Carolos ne baissaient pas les bras pour revenir à une possession (78-81) à 7 secondes du buzzer. Trop tard cependant pour revendiquer la victoire sur le terrain. Mais dans la tête, elle est bien présente. "Je suis content de la réaction des joueurs, continue Sam Rotsaert. La mentalité du groupe est super et même si on a perdu, je ne le ressens pas comme tel."

Dernier motif de satisfaction : le retour de Vukan Samardzic qui, après deux ans sur la touche à la suite de deux ruptures des ligaments croisés du genou, a pu jouer ses premières minutes ce week-end. "Il manque de rythme mais j’ai vu des choses prometteuses."

Les Renards, de justesse

Face à des Montois peut-être trop sûrs d’eux, les hommes de Lionel Bosco ont lutté jusqu’à la dernière cartouche !

Qu’à moins de deux minutes du terme, les leaders du championnat explosent de joie dans un Country hall désert car ils viennent de reprendre six points d’avance face à la lanterne rouge, a quelque chose de surréaliste…

Qu’avec 10 secondes à courir, ces incroyables Liégeois - privés rappelons-le de quatre des titulaires de leurs récents succès - loupent la balle de match face à ces mêmes Renards, confine à l’incroyable, voire au sublime. "Ma plus grande fierté cette saison, c’est que Liège a retrouvé le respect de tous dans le basket belge. On ne nous prend plus pour des moins que rien", analysait Lionel Bosco, néanmoins frustré à la lecture des stats (27 fautes à 14 et 30 lf à 10 quand on est battu de 2 pts, il y a de quoi).

Ceci étant, si les Montois étaient bien rentrés dans la partie (5-12 écart maximal après 5 minutes), la suite était bien plus équilibrée avec un collectif principautaire débordant de hargne et d’abnégation pour gommer les différences intrinsèques. À l’image d’un L’Hoest (35 ans, 1,95 m) héroïque sous les anneaux pendant 37 minutes (9 pts et… 13 rbds !), les hommes de Bosco ne lâchaient rien. Menés 35-36 au repos, ils faisaient quasiment jeu égal jusqu’au bout, ne fléchissant un instant à 61-67 que pour revenir à 68-69 par Lambermont et hériter ensuite d’une balle de match, quelque peu galvaudée malheureusement.

On soulignera également l’excellente sortie de James Potier (37 minutes également et 4 rbds et 5 assists en plus de 23 pts à 10-16 dont un mouvement "Jordanesque"), illustration des fruits d’une politique de jeunes.